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LE MOT DU WEBMESTRE

En 2009, nous rendons le site plus lisible, plus fonctionnel et plus vivant.
Ce site est à votre service. N'hésitez pas à envoyer infos, reflexions, opinions, annonces de formations et liens d'articles.
Amicalement,
Benjamin Schoendorff,
Secrétaire-Général Adjoint

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ACTUALITES 2009...

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LE MOT DU PRESIDENT

Cher amis,
Nous sommes à J - 2 mois du congrès. Le inscriptions montent en flèche. Tout est actuellement en place pour que ce congrès soit un immense succès.
Je voudrais déjà remercier notre président du comité scientifique, Jean Cottraux, pour l'immense travail qu'il a réalisé et le savant dosage de son programme.
Nous sommes heureux d'organiser le premier congrès de psychologie positive en France. Ce courant qui est tout jeune est promis à un avenir brillant. Les résulat thérapeutiques le prouvent.
Nous débuterons ce congres par une soirée débat ouverte au grand public sur les valeurs des religions. Pourquoi commencer par un regard sur les religions ? Pour bien signifier que la psychothérapie n'est pas une religion, que les psychothérapeute ne sont pas des curés. Chacun son champs d'action. Gardons nous au dela de nos techniques de nous aventurer sur des terrains - intimes et personnels quie ne sont pas les notres. Restons professionnels, et lucides sur la portée de nos techniques.
C'est le rendez-vous avec Christopher Peterson qui sera bien sur le point d'orgue de ce congrès. Inventeur d'un questionnaire sur les valeurs, il viendra nous éclairer sur les progrès et les innovations de la psychologie positive.
Je vous donne rendez vous le Jeudi 2 juillet pour trois jours d'échanges et d'enseignement.

Dr François Crespo
Président de l'Afforthecc, le 1er mai 2009


cliquez sur la photo pour le programme (D.R.)

XIVeme CONGRES DE l'AFFORTHECC - JEUDI 2 AU SAMEDI 4 JUILLET 2009, AIX-LES-BAINS

Premier Congrès de Psychologie Positive en France

Programme définitif

Jeudi 2 Juillet au soir :

18:00-19:45: Conférence débat ouverte au grand public : Valeurs et vertus dans l'Islam et le Christianisme
avec le Révérend-Père PICHON et Pr Youssef MERDJI (université de Constantine)
Modérateur : Pr Ovide FONTAINE (Liège), discutant et animateur : Dr François CRESPO (Aix-les-Bains),

Vendredi 3 Juillet matin :

9:00-9:15 : Ouverture par le président Dr François CRESPO (Aix-les-Bains)

9:15-11:00 : Conférence de Pr Christopher PETERSON (Chicago) : Psychologie positive, bien être et santé.
Président Pr Charles PULL (Luxembourg), discutant Dr Jean COTTRAUX (Lyon)

11:15-12:30: Symposium sur la psychologie positive : Présidente Pr Martine BOUVARD (Chambéry), discutant Dr Charly CUNGI (Rumilly)
- Dr Frédéric FANGET (Lyon): Le sens de la vie
- Dr François CRESPO et Denis AMSELLEM : Application pratique de la psychologie positive dans le monde du travail (justice, hôpitaux et management)
- Pr Martine BOUVARD : Psychométrie et psychologie positive
Rebecca SHANKLAND : Psychologie positive et prévention du mal-être : l'exemple de la gratitude

Vendredi 3 Juillet après midi :

Ateliers de 14:00 à 17:30 :
- Dr Jean COTTRAUX : Coaching de soi et thérapie du bien être : la psychologie positive en pratique.
- Dr Charly CUNGI : Affirmation de soi, estime de soi et bien être relationnel
- Dr Christophe ANDRE: L'équilibre intérieur et la régulation des états d'âme

-20:00Soirée de Gala Afforthecc

Samedi 4 Juillet matin et après midi:

- Atelier de Christopher Peterson et Nansook Park (Rhode Island):
Les forces du caractère.

- 18:00-19:00 : Assemblée Générale de l'Afforthecc

Téléchargez le bulletin d'inscription en format word ici

Téléchargez le poster ici


photo A. Gruyer (D.R.)

SUPERVISEURS AFFORTHECC

L’Afforthecc est heureuse de vous annoncer la naissance du Label Superviseur Afforthecc.

En psychothérapie, la supervision est un gage de bonne pratique clinique et de progression vers l'expertise.

- Vous cherchez un superviseur TCC dont les compétences professionnelles soient garanties?

- Vous pensez avoir les compétences nécessaires pour obtenir le label Superviseur Afforthecc?

Rendez-vous sur la page Superviseurs Afforthecc

(posté le 28 mars 2009)

Cliquez pour accéder au site du congrès

CINQUIEME CONGRES EUROPEEN DE PSYCHOLOGIE POSITIVE - 23-26 JUIN 2010, COPENHAGUE, DANEMARK

Cliquez pour plus d'informations

(Posté le 20 juin 2009)

REUNION-REPAS AVEC JEAN COTTRAUX - LA PSYCHOLOGIE POSITIVE

Association Lyon-Passions

le 5 juin 2009 à 19h30

La Psychologie Positive Par le Docteur Jean Cottraux
Psychiatre honoraire des Hôpitaux, Chargé de cours à l’Université Lyon1, Directeur scientifique de l’Ifforthecc

Renseignements et inscriptions
Association Lyon-Passions
Tel: 06 12 18 29 49

lyon-passions@orange.fr

Restaurant l’Authentine
17 route de Lyon Saint Cyr au Mont d’Or,
Teléphone : 04 78 83 30 52
Participation demandée 5€ (gratuit pour les adhérents)
repas en sus : 18€ apéritif et café compris

(Posté le 4 mai 2009)

Différence d'efficacité entre les meilleurs thérapeutes (best) et les moins efficaces (worst). Tiré de Lambert et al. 2005

DOSSIER : AMELIORER SON EXPERTISE CLINIQUE
1-L'EXPERTISE CLINIQUE

Comment développer son expertise de clinicien/ne? Avec les TCCs, nous savons que nous disposons de méthodes efficaces de réduction de la souffrance humaine. Mais la recherche nous montre aussi que les différences d'expertise entre cliniciens annulent bien souvent les différences d'efficacité technologique. Un peu à la manière dont équiper un joueur de tennis de la meilleure raquette existante ne garantit en rien qu'il va gagner ses matches... Nous ouvrons donc aujourd'hui un dossier pratique sur comment améliorer son expertise clinique. Ce dossier se concentrera sur la fourniture d'instruments et de procédures efficaces pour vous permettre d'augmenter votre expertise clinique. N'hésitez pas à nous donner votre feedback si vous choisissez d'essayer les instruments et techniques présentés.

Cannon Thomas, a travaillé sur la question du développement de l’expertise clinique chez les psychothérapeutes et ce qui va suivre est largement basé sur une présentation qu'il a fait à la communauté d'apprentissage en ligne Practice Ground.
En psychologie cognitive, l’expertise est définie par la performance, c’est à dire l’obtention régulière du plus haut niveau de performance dans un domaine donné. Il est notable qu’il n’y a pas de relation nécessaire en expertise et expérience, au delà de la première année d’expérience. Plus surprenant encore, il n’y a pas non plus de relation entre le niveau d’expertise et le niveau de formation des thérapeutes. Cela est tout aussi vrai en TCC que pour les autres modalités thérapeutiques.
En tant que thérapeutes TCC, nous sommes engagés dans les thérapies empiriquement validées, pourtant les études montrent qu'en clinique de ville, les résultats des traitements empiriquement validés ne sont pas dramatiquement supérieurs à la thérapie de soutien. Il apparait que 2/3 des patients présentent encore des symptômes important en fin de traitement. 1/3 ne s’améliore pas et les taux de rechutes demeurent importants.
Selon la division 12 de l'American Psychological Association, La pratique empiriquement validée en psychologie est l’intégration de la meilleure recherche disponible avec l’expertise clinique, le contexte des caractéristiques, de la culture et des préférences du patient. Or cette dimension d’expertise clinique est la plus problématique. Les études comparant les résultats d’équation de régression au jugement clinique des thérapeutes montrent que les équations prédisent mieux les résultats de thérapie que le jugement des cliniciens, qui surestiment toujours leur efficacité (Dawes, Faust, & Meehl, 1989, Science).
Si, toutes disciplines confondues, l'expertise des pratiquants amateurs ne progresse plus passé la première année de pratique, les experts continuent à progresser pendant environ dix ans. La psychologie cognitive nous montre que tout apprentissage est dans un premier temps conscient, puis s'automatise (par exemple l'apprentissage de la conduite). Elle nous indique aussi que c'est l'entrainement de compétences ciblées nourri par un feedback immédiat qui est la clé du développement de l'expertise. C'est ainsi que les musiciens et les sportifs de haut niveau développent leur expertise. Ce feedback est aussi important sur le résultat (la balle est-elle dans le cours) que sur le processus (ce que les entraineurs observent et qu'ils relayent au sportif).
Selon K. Anders Ericsson, dans The Road to Excellence (Le chemin de l'excellence), ce qui fait la différence entre 'amateurs' et experts c'est que les experts
– Identifient un processus cible et un résultat spécifique
– Isolent la section significative de la sequence cible
– Répètent la compétence en visant la maitrise
Les experts receuillent également du feedback utile ce qui leur fournit une indication immédiate sur l'efficacité de leur performance. Le feedback en provenance d'autres - professeurs, mentors, etc... - est souvent essentiel.
Ce qui fait la différence entre les professions d'excellence reconnue (comme par exemple la chirurgie) et d'expertise présumée (comme la notre), c'est donc l'accès au feedback. Or en psychothérapie, nous ne recevons pas naturellement de feedback immédiat, ni ne sommes, le plus souvent, en mesure d'observer les processus en temps réel.
Cannon Thomas propose des stratégies claires et des instuments pour créer les conditions d'apprentissage de l'expertise pour nous même.
• Evaluer le progrès en se basant sur des données objectives.Assessing progress based on
– Résultats -- Les évaluations du client report et les évaluations des thérapeutes
– Processus --Feedback des clients
– Processus --Feedback d'analyse des séquences, d'enregistrement audio et vidéos et feedback venant de mentors et de pairs
• Se fixer des buts clairs d'évolution vers la maitrise
• Définir et pratiquer le processus visé
Il existe trois grandes dimensions qu'il peut être utile de mesurer.
-1. L'évolution des symptômes. Thomas recommande l'utilisation de l'échelle DASS 21 qui mesure la dépression, l'anxiété et le stress, soit les trois dimensions les plus importantes en clinique courante.
-2. La qualité de l'alliance thérapeutique, qui, ainsi que les travaux de Michael Lambert et son équipe le montre, est le plus fort prédicteur de l'efficacité clinique, toutes orientations théoriques confondues.
-3. Des mesures idiographiques adaptées au symptômes et/ou aux buts de chaque patient.

Pour aujourd'hui, nous mettons à votre disposition la fiche de calcul Excel reprenant le questionnaire DASS, ainsi que l'échelle DASS 21 en français.

Il vous suffit alors de remettre le questionnaire à vos patients et de leur demander de le remplir puis de vous annoncer les scores de chaque question alors que vous entrez les chiffres dans la feuille de calcul excel. L'entrée des données prend moins d'une minute. Une fois cela fait, cliquez sur l'onglet 'rapport' qui vous permettra de visualiser graphiquement et de suivre, d'une séance à l'autre, l'évolution de vos patients sur les trois dimensions. Le niveau des symptômes a été normé sur de larges populations (nord-américaines) et un code couleur permet de suivre la sévérité de ces symptômes. Vous voici en possession d'un système de feedback rapide des trois grandes dimensions symptomatiques. Les patients apprécient également beaucoup ce système.
Dans la prochaine livraison de ce dossier, nous reviendrons sur les mesures d'alliance thérapeutique et idiographiques.
Benjamin Schoendorff

(Posté le 1er mai 2009)

LE MAGAZINE ACT N°12

Le numéro 12 du Magazine ACT est en ligne. Vous y trouverez les réponses au jeu concours "Créez votre propre métaphore" et, avril oblige, il y est beaucoup question de poissons...

Nous avons également remanié complètement le site. Vous y trouverez maintenant nos articles et recherches.

Le magazine ACT

(Posté le 28 Avril 2009)

L'ESTIME DE SOI EST-ELLE BENEFIQUE?

La psychologie populaire et de nombreux ouvrages promeuvent, depuis plusieurs années déjà l’estime de soi comme remède possible à de nombreuses souffrances psychologiques, manque d’affirmation, dépression, échec scolaire et professionnel. Tout récemment, Le Figaro a publié un plaidoyer pour la promotion de l’estime de soi à l’école. Mais qu'en est-il de la recherche sur cette question ?

Depuis de nombreuses années, l’équipe de Roy Baumeister à la Florida State University.
Nous publions ci-dessous une traduction du résumé assez complet d’une étude de 2003 de cette équipe intitulée L’estime de soi élevée cause-t-elle de meilleures performances, le succès interpersonnel, le bonheur ou des styles de vie plus sains ? (Does high self-esteem cause better performance, interpersonal succes, happiness or healthier lifestyles ?) A noter: cette équipe de recherche a mis l'essentiel de ses résultats en ligne.

L’estime de soi est devenu un mot du langage courant. Les enseignants, les parents, les thérapeutes et d’autres ont concentré leurs efforts sur l’augmentation de l’estime de soi, selon le postulat qu’une haute estime de soi causera de nombreux résultats positifs – un postulat qui est évalué critiquement dans la revue présente.
L’évaluation des effets de l’estime de soi est compliquée par plusieurs facteurs. Du fait que de nombreuses personnes à l’estime de soi haute exagèrent leurs succès et leurs traits positifs, nous avons mis l’accent sur des mesures de résultat objectives. L’estime de soi élevée est également une catégorie hétérogène, comprenant des personnes qui acceptent de manière franche leurs bonnes qualités comme des personnes narcissiques, défensives et vaniteuses.
Les modestes corrélations entre l’estime de soi élevée et les performances scolaires n’indiquent pas que l’estime de soi élevée augmente les performances. C’est plutôt l’estime de soi qui, pour partie, résulte de bonnes performances scolaires. Les efforts pour augmenter l’estime de soi des élèves n’ont pas eu pour résultat d’augmenter les performances scolaires et peuvent parfois se montrer contre-productifs. La performance professionnelle des adultes est parfois liée à l’estime de soi, bien que les corrélations varient grandement, et que la direction de la causalité n’ait pas été établie. Le succès professionnel pourrait gonfler l’estime de soi plutôt que le contraire. D’un autre côté l’estime de soi pourrait être utile dans certains contextes professionnels. En général, les études de laboratoire n’ont pas indiqué que l’estime de soi élevée cause des performances hautes dans les diverses tâches, avec l’exception importante qu’une haute estime de soi facilité la persistance après un échec. Les personnes ayant une estime de soi élevée disent être plus agréables et attirantes, avoir de meilleures relations et faire meilleure impression que les personnes ayant une estime de soi basse, mais les mesures objectives contredisent la plupart de ces croyances. Les narcissiques sont charmant dans un premier temps mais ont tendance à aliéner les autres sur le long terme. L’estime de soi n’a pas été démontrée comme un prédicteur de la qualité ou de la durée des relations.
Une estime de soi élevée rend les gens plus disposés à prendre la parole en groupe et à critiquer l’approche du groupe. Le leadership ne résulte pas directement de l’estime de soi, mais l’estime de soi pourrait avoir des effets indirects. Relativement aux personnes ayant une estime de soi basse, celles ayant une estime de soi élevée font montre d’un favoritisme plus élevé envers les membres du group (in group ), ce qui pourrait augmenter le préjudice et la discrimination. L’estime de soi haute ou basse n’est pas une cause directe de violence. Le narcissisme conduit à une plus grande agressivité en réaction à une fierté blessée. L’estime de soi basse pourrait contribuer aux comportements externalisés et à la délinquance, bien que certaines études aient trouvé qu’il n’y avait pas d’effet ou que les effets de l’estime de soi disparaissent une fois les autres variables contrôlées. Les taux les plus hauts et les plus bas de tricherie et d’intimidation se retrouvent dans des sous-catégories différentes de l’estime de soi élevée.
L’estime de soi à une forte relation avec le bonheur. Bien que la recherche n’ait pas clairement établi un lien causal, nous sommes persuadés qu’une haute estime de soi conduise à un plus grand bonheur. L’estime de soi basse tend plus à conduire à la dépression, dans certaines circonstances. Certaines études soutiennent l’hypothèse du ‘rempart’, selon laquelle une haute estime de soi mitigerait les effets du stress, mais d’autres études arrivent à la conclusion opposée, indiquant que les effets négatifs d’une basse estime de soi se font surtout ressentir dans les bonnes périodes. D’autres encore trouvent que l’estime de soi haute mène à de meilleurs résultats en terme de bonheur quelque soit le stress et les autres circonstances. Une haute estime de soi n’empêche pas les enfants de fumer, boire, prendre des drogues ou avoir des relations sexuelles précoces. Une haute estime de soi aurait plutôt pour effet d’encourager l’expérimentation, ce qui pourrait augmenter les relations sexuelles précoces et la consommation d’alcool, mais en général les effets de l’estime de soi sont négligeables. Une exception importante est qu’une haute estime de soi réduit les chances de boulimie chez les filles. Au total, les bénéfices de l’estime de soi élevée se rangent dans deux catégories : augmentation de l’initiative personnelle et sensations plaisantes. Nous n’avons pas trouvé de preuves qu’augmenter l’estime de soi (par des interventions thérapeutiques ou des programmes scolaires) présente des bénéfices. Nos résultats ne soutiennent pas les efforts actuels très répandus pour augmenter l’estime de soi dans l’espoir que cela suffira à améliorer les résultats. Du fait de l’hétérogénéité de l’estime de soi élevée, pourra, les compliments indiscriminés pourraient tout aussi bien promouvoir le narcissisme, avec toutes ses conséquences indésirables. Nous recommandons plutôt d’utiliser les compliments augmentant l’estime de soir comme récompense des comportements socialement désirable et de l’amélioration personnelle.
(Traduction Benjamin Schoendorff. Pour une opinion plus personnelle sur cette question, visitez mon blog).

(Posté le 28 Avril 2009)

Cliquez pour télécahrger le programme

RENCONTRE-DEBAT AVEC CHANTAL DEMEY-GUILLARD, 12 MAI 2009

Les circonstances de la vie quotidienne nous malmènent.

Quelles réponses peuvent apporter les thérapies cognitives et comportementales ?

Mardi 12 mai 2009 Entrée libre

Chronique Sociale, 7, rue du Plat Lyon

Métro bus Bellecour C

 

(Posté le 28 Avril 2009)

PROTEGER LES THERAPEUTES DU 'BURNOUT'

Savez-vous reconnaître le burnout (l’épuisement) professionnel chez vous-même et chez les autres ? Savez-vous quelles ressources sont disponibles pour faire face au burnout chez les thérapeutes ? Vous sentez-vous à l’aise à la perspective de confronter un confrère souffrant de burnout ? Beaucoup d’entre nous répondraient non à ces trois questions qu’adresse un article de Penni Smith et Shannon Burton, dans le dernier numéro de Clinical Psychology Science and Practice.
Le burnout des thérapeutes est un phénomène réel et souvent ignoré. Que faire pour préserver notre bien-être de thérapeute, afin de protéger nos patients ? La détresse précède souvent le burnout qui est défini comme une condition qui compromet le fonctionnement professionnel du psychologue à un point qui pourrait faire du mal au client ou rendre ses services inéfficaces’. (Munsey, C. 2006).
En matière de détresse personnelle, les thérapeutes font état au premier chef d’épuisement émotionnel, de stress professionnel, de fatigue et de désillusion (Mahoney 1997). Le burnout est défini comme un syndrome composé de sentiments d’épuisement émotionnel, de dépersonnalisation et de réduction d’accomplissement personnel (Maslach 1981). Les thérapeutes les plus jeunes sont les plus exposés à ce risque.
Non seulement il est difficile pour la plupart des psychologues de reconnaître et de confronter le burnout chez les collègues, mais la même chose est vraie pour nous-mêmes. Nos formations nous laissent souvent l’impression que nous devons avoir l’air compétent tout le temps et nous encouragent peu à exprimer nos faiblesses personnelles.
Face à des difficultés psychologiques personnelles, on pourrait s’attendre à ce que les thérapeutes aient l’idée de demander l’aide d’un autre thérapeute, et pourtant une étude de Michael Mahoney (1997) indique que 21% des thérapeutes voudraient être plus ouvert à cette idée, 18% exprimaient des doutes sur la valeur d’un tel travail, 16% avouaient de la honte à être patient et 13% des soucis de confidentialité. Même quand les thérapeutes se rendent compte qu’ils ont des soucis, ils négligent souvent de prendre soin d’eux-mêmes. Carl Rogers lui-même disait, à la fin de sa vie, qu’il avait toujours été bien meilleur à prendre soin des autres que de lui-même.
Il vaut mieux prévenir que guérir, et cela s’applique aussi aux thérapeutes. Là encore, ce que nous recommandons à nos clients s’applique à nous : avoir une activité physique régulière, ne pas se laisser déborder par les respnsabilités professionelles, se préserver des loisirs et des vacances. Il peut être utile de se déconnecter du net ou du téléphone pendant ses congés. Mais Sotiria Grafanaki (2005) suggère que l’important c’est surtout d’apprendre à être présent dans ses activités de loisir. Une autre stratégie intéressante suggérée dans cet article est le système des ‘mentors’ dans lequel un thérapeute expérimenté suit et soutient la progression d’un thérapeute débutant.

Les étudiants-thérapeutes entendent souvent Charly Cungi les encourager régulièrement à prendre bien soin de leur instrument le plus précieux, eux-mêmes. Dans How to fail as a therapist, 50 ways to lose or damage your patients, (Comment échouer en thérapie, 50 manières de perdre ou de faire du mal à vos patients), Bernard Schwartz et John Flowers proposent plusieurs stratégies pour se préserver de l'Erreur N°46: Comment ne pas pas être à l'écoute de son bien-être :
- S'évaluer régulièrement avec l'Inventaire de Burnout de Maslach (1981) en quelques clics et en français sur le net.
- Rejoindre ou créer un groupe d'intervision entre thérapeutes.
- Rester vigilant et surveiller l'apparition des signes de surcharge des thérapeutes:
+++ Voir trop de clients du même type.
+++ Se sentir plus irrité en présence de ses clients.
+++ Perte d'intérêt pour la profession, par exemple moins lire les revues professionnelles, ne plus assister à des conférences et/ou formations.
+++ Augmentation de la procrastination pour rapeller les clients ou tenir les notes de thérapie et les dossiers des clients à jour.
+++ Des journées de travail sans plages de repos entre clients.
Benjamin Schoendorff

(Posté le 22 Avril 2009)

PREVALENCE DES TROUBLES MENTAUX CHEZ LES ACTIFS FRANCAIS

Un article intéressant de L’American Journal of Industrial Medicine dont on peut se demander pourquoi il n’existe pas de traduction française. Ci-dessous une traduction de l'abstract de cet article.

But : Le but de cette étude était d’estimer la prévalence des troubles mentaux les plus communs par catégorie professionnelle et de décrire les conséquences de ces troubles sur leur travail dans la population française.
Méthodes : Cette étude a été conduite en France entre 1999 et 2003. L’échantillon consistait d’environ 36,000 personnnes âgées de plus de 18 ans. Les données ont été collectées au moyen d’entretiens en face-à-face à l’aide de l’Entretien International Neuropsychiatrique (MINI).
Résultats : Les troubles anxieux étaient les plus communs (17% des hommes et 26% des femmes), alors que les estimations de prévalence pour les troubles de l’humeur étaient de 10% pour les hommes et 14% pour les femmes. La prévalence des troubles était plus importante dans les catégories professionnelles les plus basses. Parmi ceux qui rapportaient des troubles mentaux, 50% disaient que leur travail en était affecté. Les répercussions sur le travail variaient par catégorie professionnelle et étaient différentes pour les hommes et les femmes.
Conclusion : Cette étude montre les inégalités sociales et professionnelles dans la prévalence des troubles mentaux et leurs conséquences importantes sur le travail dans la population active française. (Info communiquée par Jean Cottraux, traduction Benjamin Schoendorff)

(Posté le 21 Avril 2009)

Cliquez ici pour acheter ce roman papier ou téléchargeable (Edilivres)

ET SI J'Y CROYAIS?

Un roman de Fabien Rodhain (Edilivre, Paris, 2008)

Une note de lecture de Jean Cottraux
L'auteur, qui est coach d'entreprise, nous raconte une histoire qui se présente sous la forme d'un thriller avec happy end.
Au passage son héros, qui est un adepte de la psychologie positive, égratigne les conflits d'intérêt des firmes pharmaceutiques qui masquent la vérité scientifique et une médecine plus centrée sur le symptôme que la personne. Tout sera révélé par un journal Italien vertueux.
Croyable ou incroyable ? Au lecteur de décider.
Le bien, aussi, existe.

Jean Cottraux

Cliquez ici pour lire les premiers chapitres de Et si j'y croyais?

Visitez le site de Fabien Rodhain

(Posté le 16 Avril 2009)

Frédéric Fanget

DOSSIER XIVéme CONGRES AFFORTHECC SUR LA PSYCHOLOGIE POSITIVE
- 4. FREDERIC FANGET

Dans la perspective de notre prochain Congrès, j’ai eu l’idée d’inviter tous les intervenants à répondre à quelques courtes questions par courriel. L’ensemble des interviews sera graduellement réuni sur la page du Congrès.
Pour bien reprendre après les vacances de Pâques, j'ai lle plaisir de vous proposer une interview de notre ami Frédéric Fanget.

Dans ton dernier livre Où vas-tu? tu t’attaques au sens de la vie…

Pour ne rien te cacher, Benjamin, je n’ai pas osé si facilement m’attaquer à ce thème. Effectivement, j’ai eu une période de doute, considérant qu’il était extrêmement présomptueux de ma place de clinicien de terrain d’aborder un thème aussi lourd. Nous avions l’habitude de le voir traiter par des philosophes ou des théologiens (Dalaï Lama, Sœur Emmanuelle ou Luc Ferry par exemple). Au nom de quoi finalement, un psychiatre pouvait-il se prononcer sur ce thème ? Puis je suis tombé sur les travaux de Victor Frankl, ce psychiatre autrichien qui a fondé la logohérapie ou thérapie par le sens de la vie. Ses travaux m’ont complètement revigoré et donné en quelque sorte l’autorisation que des psy poursuivent cette réflexion. Mais lorsque dans ta question, tu emploies l’expression m’attaquer au sens de la vie ; c’est vraiment un terme qui correspond bien car ce ne fut pas si simple. J’ai décidé d’oser le faire en me disant qu’après tout, je devais être capable de faire ce que je demande à mes patients d’effectuer.

Comme souvent dans tes ouvrages, la place de la relation à l’autre est centrale.

La question du sens de la vie, était souvent posée à soi-même. Pourquoi sommes-nous là ? Où allons-nous ? Pourquoi vivons-nous ? Nous sortons de plusieurs décennies d’une psychologie du moi assez autocentrée, comme si nous étions des êtres isolés. Ceci a été renforcé à mon sens, par certaines écoles de psychothérapie qui propose un travail autocentré et volontairement en dehors de la vie quotidienne.
Si nous sommes comme je l’indique dans mon livre, l’acteur de notre propre biographie et si nous avons les cartes en main, il me semble toutefois qu’une vie déconnecté des autres, de la notion d’altérité va très vite s’avérer vide de sens. Je me suis toujours intéressé aux thérapies relationnelles, avec l’affirmation de soi en particulier considérant que la nourriture relationnelle est essentielle à notre équilibre personnel.

Tu développes des idées sur les valeurs assez proches de celles de l’ACT ?

J’ai découvert l’ACT lorsque j’étais en train de terminer mon livre. Je me suis effectivement rendu compte que j’étais très proche de l’ACT sur la question des valeurs et que j’avais probablement commencé à faire de l’ACT sans le savoir. Mais comme il est toujours mieux de savoir ce que l’on fait, j’ai donc suivi les séminaires de Philippe Vuille, et de Kelly Wilson à l’Afforthecc l’an dernier, qui bien sûr, m’ont confirmé ma proximité avec l’ACT. Toutefois, mon livre n’est pas le livre d’une tendance. J’essaie d’apporter des outils très simples, issus de ma pratique qui couvrent un peu tous les domaines des TCC, qu’il s’agisse de l’approche de Beck, de l’approche de Young, mais aussi du mindfulness et de l’ACT. La question du sens de vie, à mon avis, n’appartient à aucune école.

Quel sera le thème de ton atelier au congrès de l'Afforthecc ?

Tout d’abord, Benjamin, je crois qu’il s’agit d’une conférence et non pas d’un atelier. J’aborderai dans le temps qui m’est imparti (je crois 45 minutes) les grands thèmes que j’ai traités dans le livre et tacherai de montrer comment la psychologie peut aider les patients, à donner plus de sens à leur vie quotidienne. J’insisterai sur les aspects pratiques et quotidiens du sens de la vie.

Qu’est ce qui t’a amené à t’intéresser à cet aspect de la psychologie ?

Si je suis franc et j’oserai l’être ! ce sont les limites de la nosographie lors de ma pratique. En effet, je crois que nous sommes extrêmement bien formés pour faire face aux différents troubles psychiatriques tels qu’ils sont décrits dans le DSM par exemple. Notre formation et notre pratique nous permettent de les dépister et de leur apporter des outils de traitement efficace. Mais il m’a semblé que beaucoup de mes patients me posaient des questions et m’apportaient des souffrances pour lesquelles la nosographie n’était pas d’un grand secours. Je me suis intéressé à cet aspect de la psychologie simplement parce que les patients me posaient des problèmes à ce niveau là. J’avais l’impression que beaucoup d’entre eux avaient un potentiel de vie inexploité et que c’était peut être en leur donnant des éclairages et des outils pour voir, reconnaître l’intérieur d’eux-mêmes et mettre en application leur potentiel que je serai le plus efficace en thérapie. C’est donc comme tu le vois, une vision très positive de la psychologie qui m’a amené à cette démarche et je serai donc très heureux d’apporter ma contribution à ce congrès de psychologie positive qui reflète bien ma façon de voir les choses.
Merci en tout cas de tes intéressantes questions et bon congrès à tous. (Propos recueillis par Benjamin Schoendorff)

(Posté le 14 Avril 2009)

Christophe André
© DRFP/Odile Jacob

DOSSIER XIVéme CONGRES AFFORTHECC SUR LA PSYCHOLOGIE POSITIVE
- 3. CHRISTOPHE ANDRE

Dans la perspective de notre prochain Congrès, j’ai eu l’idée d’inviter tous les intervenants à répondre à quelques courtes questions par courriel. L’ensemble des interviews sera graduellement réuni sur la page du Congrès.
Aujourd’hui j'ai la grande joie de vous proposer une interview de notre ami Christophe André. Le blog de Christophe.

Dans votre dernier livre, Les Etats d’Ame, vous adoptez un ton très personnel et touchant et prônez l’introspection de nos états d’âme subtils. Qu’est-ce qui, personnellement, vous a amené à vous intéresser aux états d’âmes?

Cette idée d’aborder notre vie intérieure par le biais des états d'âme me trottait dans la tête depuis un moment. Nos contenus mentaux sont le plus souvent un mélange de pensées vagabondes et d’états émotionnels discrets, indissociables l’un de l’autre. Il me manquait un mot pour en parler avec mes patients, et un concept pour les concevoir comme un tout homogène, et non une simple addition pensée + émotion.
Les états d'âme sont d’ailleurs souvent complexes et subtils. Dans la nostalgie, par exemple, il y a une tonalité agréable (le souvenir de moments heureux) et une autre plus douloureuse (la conscience que ces bonheurs appartiennent au passé).
Autres exemples d’états d'âme : le spleen, l’agacement, la rancune, l’intranquillité… Mais aussi : la bonne humeur, la confiance, la sérénité, la satisfaction, le soulagement…
Leur rémanence (persistance d’un phénomène après la disparition de ce qui l’a causé), leur rôle dans les phénomènes de rumination, tout cela me semblait rendre utile leur usage dans les discussions avec mes patients, comme porte d’entrée vers le travail sur les cognitions ou les émotions.
Quant au ton personnel, il correspond à deux constatations : d’abord, le fait qu’en devenant un « vieil auteur » j’arrive à de plus en plus à écrire comme je pense et comme je parle à mes patients, je « filtre » moins. Ensuite, grâce aux discussions avec mes lecteurs, j’ai compris que ceux-ci sont aidés par tout ce qui est clinique, intime, humain, venant de récits de patients ou d’états d'âme du thérapeute. Je tenais également dans ce livre à ne pas apparaître comme « celui qui sait et qui va vous expliquer comment aller bien », mais comme une personne elle-même imparfaite et intranquille, qui utilise elle aussi ces outils, qui fait elle aussi ces efforts pour aller mieux. Pas un maître, surtout pas, mais quelqu’un qui a – parfois – quelques pas d’avance sur le lecteur, parce qu’il pratique ces efforts depuis quelque temps…

Je suis particulièrement sensible que vous fassiez une telle place – toute la deuxième partie – à la reconnaissance de la souffrance - différente de la douleur.

Oui, ce livre, comme toujours quand j’écris, a été pour moi l’occasion de mettre à plat des intuitions que j’avais, comme tout thérapeute : la douleur est le phénomène physiologique, et la souffrance son écho subjectif. Notre principale marge de manœuvre se situe autour de la souffrance : comment limiter, diminuer, ce que j’appelle la « part évitable de la souffrance » ? Car la souffrance devient souvent, peu à peu, une rumination de la douleur, un inlassable retour vers elle.
Ainsi, la deuxième partie du livre (qui en compte quatre) est entièrement consacrée à ce travail sur les souffrances psychologiques (inquiétudes, tristesses, ressentiments, et désespoirs).

Contre la souffrance, vous prônez la pleine conscience et même la méditation, la science vous suit-elle?

Il me semble que oui ! La plupart des données confirment que réprimer sa douleur ou la ruminer tendent à augmenter la souffrance, là où un travail d’acceptation (qui nécessite un réel entraînement, et pas seulement de brèves instructions ou recommandations) va aider à mieux la tolérer.
Voir par exemple (je cite ces recherches et d’autres dans la bibliographie de mon livre) :
Masedo AI, Esteve MR. Effects of suppression, acceptance and spontaneous coping on pain tolerance, pain intensity and distress. Behaviour Research and Therapy 2007, 45 : 199-209.
Vowles KE et coll. Effects of pain acceptance and pain control strategies on physical impairment in individuals with chronic low back pain. Behavior Therapy 2007, 38 : 412-425.
McMullen J et coll. Acceptance versus distraction : brief instructions, metaphors and exercises in increasing tolerance for self-delivered electric shocks. Behaviour Research and Therapy 2008, 46 : 122-129.

Han Suyn a écrit ‘Rien n’est plus fort que la douceur’

J’aime bien cette phrase. Douceur, gentillesse, bienveillance ne sont pas des révélateurs de faiblesse (on serait doux parce qu’on ne peut pas être durs) mais de force intérieure. Ou disons d’intelligence de vie. Nous disposons de pas mal de données à ce propos, dont les travaux sur les bénéfices émotionnels de la gratitude ou du pardon. Bien avant, cela a été le génie visionnaire d’un personnage comme Jésus, pour ne parler que de sa dimension philosophique, et non religieuse : rappeler aux humains la force de l’amour, et sa totale nécessité. Le philosophe contemporain Tzvetan Todorov en parle aussi dans ses ouvrages, lorsqu’il établit la différence, dans l’histoire des sociétés humaines, entre les héros (qui placent les idéaux au-dessus des humains) et les saints laïques, ou sauveurs (qui placent les humains au-dessus des idéaux).

À quoi peut – on s’attendre en assistant à votre atelier au congrès afforthecc?

À ce que nous approfondissions tout ce que nous venons d’aborder ! Je proposerai dans l’atelier quelques données sur la notion d’équilibre intérieur, et des exercices de psychologie positive destinés à améliorer l’auto-régulation cognitive et émotionnelle. Nous aborderons aussi la manière d’utiliser ces outils en prévention des rechutes, afin d’aider les patients à rester à distance des récurrences anxieuses ou dépressives. (Propos recueillis par Benjamin Schoendorff)

(Posté le 9 Avril 2009)

Charly Cungi

DOSSIER XIVéme CONGRES AFFORTHECC SUR LA PSYCHOLOGIE POSITIVE
- 2. CHARLY CUNGI

Dans la perspective de notre prochain Congrès, j’ai eu l’idée d’inviter tous les intervenants à répondre à quelques courtes questions par courriel. L’ensemble des interviews sera graduellement réuni sur la page du Congrès.
Aujourd’hui une interview de notre ami Charly Cungi.

Tu dis volontiers ‘pour faire ce travail il faut aimer les gens et aimer les problèmes’. Qu’est-ce qui, personnellement t’a amené à t’intéresser à la thérapie?

C’est une évidence. Un psychothérapeute passe une grande partie de sa vie à soigner mais aussi à travailler avec d’autres soignants et intervenants : il voit beaucoup de monde ! D’autre part quand un patient consulte c’est généralement quand il a des problèmes et le plus souvent des problèmes très importants. Donc il vaut mieux pour un psychothérapeute  aimer les gens et aimer les problèmes ou au moins aimer les résoudre, car il n’y aura pratiquement dans son exercice que des gens et que des problèmes.

Tu t' intéresses particulièrement aux questions d’alliance thérapeutique que je trouve aussi passionnantes – et centrales à notre travail.

L’alliance thérapeutique est indispensable pour le travail psychothérapique, sans une très forte alliance thérapeutique il n’est pas possible de mettre en place, de poursuivre et même d’arrêter une psychothérapie. Elle doit donc être maintenue tout au long du processus. Une bonne définition de l’alliance thérapeutique est celle du rapport collaboratif : deux ou plusieurs personnes travaillent ensemble pour résoudre un problème ou pour développer un projet.

Comment définirais-tu le ‘bien-être relationnel? Ça peut s’apprendre?

Le « bien être tout court », se sentir bien avec ce que je ressens, y compris avec « mon malaise »,avec  ce que je vis et ce que je pense , avec ce que je fais, est une expérience à cultiver soigneusement. Beaucoup de chemins différents mènent à Rome de ce point de vue et même si des méthodes spécifiques, des démarches spirituelles ont fait leur preuve, il s’agit toujours d’un « programme taillé sur mesure ». Si chacun de nous est une goutte d’eau qui ressemble à une autre goutte d’eau, chaque goutte d’eau est différente. Nous sommes des êtres relationnels, donc le rapport à l’autre est une dimension primordiale du bien être, savoir cultiver  une bonne relation avec les autres, ce qui ne veut pas dire une relation sans difficulté et parfois sans conflit, est une nécessité absolue.

Qu’est-ce qui te passionne aujourd’hui?

La vie.

à quoi peux-t-on s’attendre en assistant à ton atelier du congrès de l’afforthecc?

L’identité, le sentiment de se sentir soi s’établit dans la relation. Sans l’autre en tant que personne différente de moi je n’existe pas. L’affirmation de soi présente une série d’outils pour la communication  et pour développer un « savoir vivre » avec les autres. L’atelier sera centré sur le lien entre affirmation de soi, estime de soi, sentiment d’identité et bien être. (Propos recueillis par Benjamin Schoendorff)

(Posté le 8 Avril 2009)

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LES 50 ERREURS LES PLUS COURANTES DES THERAPEUTES: N°29 - COMMENT ETABLIR DES LIMITES INNAPROPRIEES

En tant que thérapeutes, devons-nous partager nos expériences ppersonnelles et nos propres souffrances ou les garder pour nous?
Pouvons-nous aider nos clients ou au contraire gêner leurs progrès en leur parlant de nous ?
La question n'est pas simple. Dans How to fail as a therapist, 50 ways to lose or damage your patients, (Comment échouer en thérapie, 50 manières de perdre ou de faire du mal à vos patients), Bernard Schwartz et John Flowers
l'abordent directement
Erreur N°29: Comment établir des limites innapropriées.

La psychanalyse rejette toute révélation sur soi de la part du thérapeute qui doit rester un écran blanc pour les projections du client. D'autres craignent que la révélation de leurs faiblesses et vulnérabilités n'affectent négativement la confiance du client : 'Si même le psy a du mal avec ça...'
En 2001 Barret et Berman ont publié une étude qui a fait date. Ils ont entrainé deux groupes de thérapeutes - un à faire des révélations personnelles congruentes avec ce que révélaient les clients, l'autre à ne rien révéler de personnel. Résultat : les clients avec qui les thérapeutes avaient partagé leurs expériences propres souffraient moins de leur symptômes et appréciaient plus leurs thérapeutes.
Quand les thérapeutes font des révélations sur eux-mêmes, ils sont perçus comme étant plus amicaux, ouvert, chaleureux et aidant.
Mais attention! Cela n'est vrai que quand ses révélations sont limitées en nombre - et en longueur. Au cours de chaque consulation, les client faisaient envrion 60 révélations personnelles contre un peu plus de 6 pour les thérapeutes. Ces révélations étaient judicieusement choisies et significativement plus courtes que celles des clients.
Pour éviter l'erreur Schwartz et Flowers conseillent de:
1. Garder les révélations du thérapeute brêves et en rapport avec ce que dit le client
2. Faire des révélations dont l'intensité et le niveau d'intimité corresponde avec l'intensité et le niveau d'intimité exprimée par le client.

Benjamin Schoendorff

(Posté le 04 april 2009)

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META ANALYSE - DES NOUVELLES DU DEBAT SUR LE DEBRIEFING

Le débriefing est une pratique qui consiste à offrir une assistance psychologique immédiate à toute personne ayant subi un choc psychologique important. Accidents, actes de violence armée, désastres naturels – les débriefeurs ne manquent pas de clients. Or les méta analyses indiquent clairement que non seulement le débriefing des victimes asymptomatiques de traumatisme n’a pas d’impact positif, mais qu’il aurait plutôt tendance à avoir des conséquences négatives. Cela veut-il pour autant dire que toute intervention psychologique à court terme sur les victimes de traumatisme est inutile? Une nouvelle méta analyse publiée par l’American Journal of Psychiatry pose et répond à cette question.
La conclusion en est que dans la population générale, la résilience naturelle suffit à protéger les personnes témoins de violences ou soumises à des chocs émotionnels exceptionnels. Cependant, pour la faible proportion des personnes qui après quelques semaines peuvent être diagnostiquées comme souffrant de stress aigu, une intervention de type thérapie comportementale et cognitive (TCC) a un impact positif, mais pas le simple ‘débriefing’ ni la thérapie de soutien. Encore une indication de la résilience naturelle de l’être humain. Nos ancêtres préhistoriques étaient probablement très régulièrement exposés à des évènements traumatiques, l’espèce n’en a pas moins prospéré. Nous avons des capacités naturelles à vivre avec la souffrance, et la thérapie – qui marche – ne devrait être offerte qu’aux personnes chez qui la résilience naturelle a besoin d’un coup de pouce.

Revue systématique et méta analyse d’interventions multi-session délivrées tôt après des évènements traumatiques Systematic Review and Meta-Analysis of Multiple-Session Early Interventions Following Traumatic Events. Neil P. Roberts, D.Clin.Psy., Neil J. Kitchiner, M.Sc., Justin Kenardy, Ph.D., and Jonathan I. Bisson, D.M., F.R.C.Psych.

Obectif : Les auteurs ont cherché à déterminer l’efficacité des interventions psychologiques multiples pour prévenir et traiter les symptômes de stress traumatique entamée dans les trois mois suivant l’événement traumatique.
Méthode: Neuf bases de données informatiques ont été cherchées, et des recherches manuelles ont été conduites de listes de référence des articles sélectionnés ainsi que deux revues. De plus, d’importants chercheurs du domaine ont été contactés pour déterminer s’ils connaissaient d’autres études. Les évaluateurs ont identifié des essais contrôlés randomisés de traitements psychologiques multi-sessions visant à prévenir ou réduire les symptômes de stress post-traumatique chez des individus dans les trois mois après l’exposition à un événement traumatique. Les détails des études ont été indépendamment extraits par deux évaluateurs, et les données des résultats entrées dans le programme informatique Review Manager. L’évaluation de la qualité a également été conduite indépendamment par deux chercheurs.
Résultats : Vingt-cinq études examinant une palette d’interventions ont été identifiées. Pour le traitement des individus exposé à des traumatismes quelques soient leurs symptômes, il n’y avait pas de différence significative entre aucune des interventions conduites et les soins habituels. Pour le traitement des symptômes de stress post traumatique quelque soit le diagnostic, la Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) centrée sur le traumatisme était plus efficace que la liste d’attente ou les conditions de thérapie de soutien. La différence était la plus importante pour le traitement du trouble de stress post-traumatique aigu.
Conclusion : La TCC centrée sur la traumatisme délivrée dans les trois mois suivant un événement traumatique apparaît efficace pour les individus présentant des symptômes de stress traumatic, surtout ceux remplissant les critères diagnostiques. (Information communiquée par Jean Cottraux, traduction et commentaire Benjamin Schoendorff)

(Posté le 5 avril2009)

 

EST-CE QUE LA THERAPIE D’ACCEPTATION ET D’ENGAGEMENT (ACT) MARCHE?

Une nouvelle méta analyse de l’ACT vient d’être publiée par un groupe de chercheurs hollandais sous la direction du professeur Emmelkamp et publiée dans le dernier numéro de Psychotherapy and Psychosomatics. Leur analyse, portant sur 917 patients ayant participé à des recherches cliniques méthodologiquement bien contrôlées révèle que l’ACT est significativement plus efficace que les conditions de liste d’attente, de thérapie placébo et de ‘traitement standard’, mais pas plus efficace que les traitements établis validés, c’est à dire la Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) dite ‘classique’ ou de ‘seconde vague’.

Ces résultats sont intéressants à plus d’un titre. Ils confirment l’efficacité de l’ACT. Ils posent une nouvelle fois la question centrale des médiateurs thérapeutiques. Par exemple, l’ACT n’a pas recours à la restructuration cognitive (c’est à dire la modification des pensées et croyances), et pourtant présente des résultats comparables à la TCC qui cible la modification des pensées. Une autre question découlant de cette observation est la possibilité intrigunate que l'ACT pourrait fonctionner à travers des processus différents - ou au contraire communs et peut-être non-spécifiques. Il est à noter que l’ACT ne cible pas seulement la réduction des symptômes – ce que mesure cette méta analyse – mais également, au travers de l’actions engagée, l’augmentation du fonctionnement général (l’Axe V du DSM IV). A charge alors aux promoteurs de l’ACT de démontrer leur plus grande efficacité dans cette dimension. Pour les promoteurs de l’ACT, les résultats de cette étude constituent une indication que leur modalité reste à affiner si elle a pour objectif d’améliorer significativement la prise en charge de la souffrance. Prometteur et peut mieux faire…

Thérapie d’Acceptation et d’Engagement, une revue méta analytique Acceptance and Commitment Therapy: A Meta-Analytic Review. Powers, M.B.; Zum Vörde Sive Vörding, M.B.; Emmelkamp, P.M.G. Psychother Psychosom 2009;78:73-80.

Il existe à présent un nombre substantiel d’essais contrôlés investiguant l’efficacité de la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT). Cette méta analyse combine les études correctement contrôlées pour aider à clarifier l’impact de l’ACT relativement aux listes d’attentes, thérapies placébo, traitement standard et les thérapies établies. Une recherche complète de la littérature a révélée 18 essais randomisés contrôlés (n = 917) qui ont été inclus dans les analyses. La taille d’effet a été calculée au moyen du g de Hedge, qui peut être interprété avec la convention de Cohen pour les tailles d’effet : petit (0,2), modéré (0,5) et important (0,8). Il y avait un clair avantage de l’ACT comparé aux conditions contrôles (taille d’effet = 0,42). Le patient moyen traité par l’ACT était mieux amélioré que 66% des patients des conditions contrôles Analysés séparément, l’ACT était supérieur aux listes d’attente et aux placébos psychologiques (taille d’effet = 0,68) ainsi qu’un traitement standard (taille d’effet = 0,42). Cependant, l’ACT n’était pas significativement plus efficace que les traitements établis (taille d’effet = 0,18 p = 0.13). Les résultats révèlent que l’ACT est plus efficace que les conditions contrôles pour un certain nombre de problèmes mais qu’il n’y a pas encore d’indications que l’ACT est plus efficace que les traitements établis. (traduction et opinion Benjamin Schoendorff)

(Posté le 4 avril 2009)

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LES 50 ERREURS LES PLUS COURANTES DES THERAPEUTES: N°14 - COMMENT IGNORER LA SCIENCE

How to fail as a therapist, 50 ways to lose or damage your patients, (Comment échouer en thérapie, 50 manières de perdre ou de faire du mal à vos patients) de Bernard Schwartz et John Flowers
Ce petit livre, basé sur 40 ans de recherches, recense les 50 erreurs les plus courantes des thérapeutes - et comment y remédier.
Nous y reviendrons
Erreur N°14: Comment ignorer la science.

Le manque d'intérêt ou la méfiance à l'encontre des résultats de la recherche sont courants chez les cliniciens, y compris ceux formés aux approches basées sur la recherche validée - donc aussi les cliniciens en thérapies comportementales et cognitives...
* L'idée tenace - et séduisante - que chaque être humain est si spécial qu'il ou elle ne peut être évalué(e).
* L'idée que la recherche universitaire ne s'applique pas aux réalités de la clinique 'réelle'.
* L'attachement à une approche théorique donnée peut rendre imperméable à tout progrès et nous empêcher de tenir compte des données contredisant nos convictions.
Le résultat - selon Schwartz et Flowers - est que la psychothérapie estsujette aux effets de mode - tout autant que les régimes amincissants:'Cri primal', psychogénéalogie, rebirthing, recherche de souvenirs de trauma occultés, double-contrainte, tought Field Therapy... Les interventions et théories que ne soutiennent aucune recherche sérieuse foisonnent dans notre univers. Au détriment d'aider nos clients à efficacement faire face à la souffrance.
Le site de l'Afforthecc est engagé dans un effort de traduction des principaux résumés des recherches cliniques. Clinciens et public peuvent ainsi rester informé des progrès de notre science.
Pour avancer en direction d'une prise en charge de la souffrance humaine, plus efficace - qui marche mieux. Et plus efficiente - qui marche à moindre coût: humain, matériel et financier.

Benjamin Schoendorff

(Posté le 04 april 2009)

DOSSIER XIVéme CONGRES AFFORTHECC SUR LA PSYCHOLOGIE POSITIVE
- 1. JEAN COTTRAUX

Dans la perspective de notre prochain Congrès, j’ai eu l’idée d’inviter tous les intervenants à répondre à quelques courtes questions par courriel. L’ensemble des interviews sera graduellement réuni sur la page du Congrès.
À tout seigneur tout honneur, nous ouvrons aujourd’hui le bal avec une interview de notre ami Jean Cottraux.

Votre engagement pour la recherche ne s'est jamais démenti. Quelles sont les directions de recherche qui vous semblent aujourd'hui les plus prometteuses?

Je pense qu'il y a trois voies principales de recherches.
1. Explorer l'inconscient biologique avec les techniques en neuro imagerie et d'autre méthodes: dans ce domaine la TCC est très en avance comme le montre les études sur leurs effets sur les niveaux corticaux et sous corticaux, présentées dans l'ouvrage que j'ai coordonné et auquel vous avez participé : Neurosciences et Thérapies Cognitives et Comportementales- La nouvelle frontière qui va paraître bientôt chez Masson. Un autre signe d'intérêt est donné par le dernier livre de Roland Jouvent : Le cerveau magicien qui vient de paraître chez Odile Jacob et qui fait preuve d'un bel oecuménisme en cherchant à différencier les niveaux d'actions des différentes formes de psychothérapie et des médicaments. J'ai très souvent discuté avec Roland au fil des années et trouvé ces discussions avec un croyant freudien, mais non bigot, tout à fait stimulantes. En fait nous connaissons peu de chose, en termes scientifiques, sur ce qui se passe dans la communication en psychothérapie. L'allègement des méthodes de neuroimagerie pemettrait de mieux comprendre les réussites et les échecs de uns et des autres. Pour l'instant nous terminons au CERMEP de Lyon une étude sur la MEG dans le stress post-traumatique, mais nous sommes encore loin d'un dispositif discret qui permettrait une analyse fine des relations entre réponses émotionnelles cognitives et état cérébraux, en situation psychothérapique.
2. Explorer le monde des valeurs aussi bien "hédonistes" qu'"Eudémonistes (la réalisation de soi): je pense qu'avec les modèlés proposés par Peterson, Seligman et Ryff nous avons ce qu'il faut pour avancer et de mieux comprendre ce que nous faisions intuitivement dans les thérapies cognitives de la dépression et des troubles de la personnalité : mettre en rapport les scénarios de vie avec le problème des valeurs personnelles et collectives. Nous pouvons ainsi aller plus loin dans ce qui peut être problèmatique dans la vie de chacun.
3. La notion de schéma cognitif qui ne date pas d'hier, si l'on songe à son usage aussi bien en philosophie, psychologie qu'en neurologie peut aussi bénéficier de recherches pour explorer l'interface cognition émotion après une clarification de ce qu'on entend par schéma. Le développement récent de la thérapie des schémas de Young permettra d'avancer sur ce troisième niveau des représentations conscientes et inconscientes. Ce qui nous ramène au point 1: les relations avec la biologie. Les schémas de personnalité sont liés à des dimensions de tempérament sous jacentes, implicites mais qui peuvent se traduire de manière explosive. Je pense que le défi du vingt et unième siècle est de mieux comprendre ces dimensions : comment dompter le cheval (le cerveau émotionnel) dirait mon ami Roland Jouvent.

Votre dernier livre présente au grand public français le courant important de la psychologie positive. Peut-on rester positif en ces temps de marasme économique?

Quelle que soit les difficultés et les souffrances dues à la crise elle va obliger l'humanité à élaborer un scénario de survie et développer un instance qui assure un leadership mondial décent et équitable. Si celà réussit la crise aura peut être pour effet de protéger l'éco systéme de la terre en régulant les excès du capitalisme et du développement à courte vue. Une phrase de Karl Marx me revient en mémoire (j'espère que ce n'est pas un faux souvenir) : "l'humanité ne se pose que des questions qu'elle peut résoudre". Espérons que sa prédiction, cette fois, se réalisera.

Que peut-on attendre de votre atelier au congrès Afforthecc?

Une partie sera sur le coaching de soi : une méthode intégrative de déveloeppement personnel fondé sur les données de la psychologie positive. Une autre partie présentera le modèle de la thérapie du bien être de Ryff , Singer et Fava, qui intègre les valeurs dans une approche pratique en huit séances des problèmes anxieux et surtout dépressifs. Ce type d'intervention a été validé par des études contrôlées.

Vous avez pris votre retraite de l'hôpital neurologique à Lyon. Est-ce une retraite active?

J'ai pris ma retraite du CHU de Lyon en Septembre, 2007. Depuis cette date j'assure la direction scientifique de L'Ifforthecc: Institut Français de Formation et de Recherche en Thérapie Comportementale et Cognitive, 10 rue Gantin 74150 Rumilly. L'institut organise un diplôme privé et des formations de perfectionnements en France, et en Algérie, à l'Université de Constantine. (Propos recueillis par Benjamin Schoendorff)

(Posté le 1 Avril 2009)

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NOUVELLE ETUDE RANDOMISEE -TCC TRANSDIAGNOSTIQUE POUR LA PRISE EN CHARGE DU TROUBLE ALIMENTAIRE NON-SPECIFIE

Une étude randomisée avec liste d’attente contrôle intéressante pour les cliniciens prenant en charge les troubles alimentaires. Dans cette nouvelle étude, l’équipe de Fairburn à pris en charge 154 patients souffrant de boulimie et de trouble alimentaire non spécifié , une catégorie très courante et souvent négligée - mais pas d’anorexie (c.à d. d'Indice de Masse Corporelle <17,5). Pendant les quatre premières semaines d’un traitement de 20 semaines, les deux traitements étaient identiques, puis divergeaient, avec un ciblant simplement les comportements alimentaires, et l’autre des dimensions plus larges : mésestime de soi, intolérance aux affects, perfectionnisme et difficultés interpersonnelles. Les résultats, qui ont montré une meilleure réponse au traitement complexe pour un sous-groupe de patients présentant des difficultés plus complexes, sont intéressants dans la mesure ou ils indiquent que le même traitement convient à travers les diagnostics de trouble alimentaire, ce qui suggère que la distinction diagnostique entre les deux troubles est d’utilité clinique modérée. Une étude également notable par la longueur de son suivi (60 semaines). Le détail du traitement n’est pas donné dans l’article mais publié dans ce livre.

Thérapie Cognitivo-Comportementale Transdiagnostique pour patients avec trouble alimentaire: Un essai bicentrique avec suivi à 60 semaines. (Transdiagnostic Cognitive-Behavioral Therapy for Patients With Eating Disorders: A Two-Site Trial With 60-Week Follow-Up) Christopher G Fairburn, Zafra Cooper, Helen A Doll, Marianne E O'Connor, et al. The American Journal of Psychiatry. Mar 2009. Vol. 166, Iss. 3; pg. 311

Abstract :
Objectif
: Le but de cette étude était de comparer deux traitements cognitivo-comportementaux, l’un étant ciblant exclusivement les aspects désordres alimentaires et l’autre étant un traitement plus complexe visant aussi l’intolérance aux affects, le perfectionnisme clinique, la basse estime de soi et les difficultés interpersonnelles.
Méthode : Un total de 154 patients remplissant les critères DSM-IV de trouble alimentaire mais qui n’était pas en sous-poids marqué (Indice de Masse Corporelle >17,5), ont été recrutés dans une étude bicentrique impliquant 20 semaines de traitement et une période de suivi fermée de 60 semaines. La condition contrôle était une période en liste d’attente avant traitement de 8 semaines. Les résultats ont été mesurés par des évaluateurs indépendants qui ne connaissaient pas les conditions de traitement.
Résultats : Les patients en condition contrôle de liste d’attente présentaient peu de changement en termes de sévérité des symptômes, alors que ceux dans les deux conditions de traitement présentaient des changements substantiels et équivalents, qui se maintenaient bien au suivi. A l’évaluation à 60 semaines de suivi, 51,3% présentaient un niveau de trouble alimentaire réduit à moins d’une déviation standard de la moyenne de la population générale. Le résultat du traitement ne dépendait pas du trouble alimentaire diagnostiqué. Les patients présentant une forte intolérance aux affects, une basse estime de soi, un fort perfectionnisme clinique et des difficultés interpersonnelles marquées semblaient mieux répondre au traitement plus complexe, avec le pattern inverse évident chez le reste des patients.
Conclusion : Ces deux traitements transdiagnostics semblent donc appropriés pour la majorité des patients ambulatoires souffrant de trouble alimentaire, avec le traitement le plus complexe réservé pour les patients présentant des psychopathologies additionnelles du type de celles ciblées par le traitement. (Info transmise par Jean Cottraux. Opinion et traduction Benjamin Schoendorff)

(Posté le 31 mars 2009)

TCC DE TROISIEME VAGUE ET PERTE DE POIDS - PREMIERS RESULTATS CONTROLES

Un article intéressant explorant l’efficacité d’une intervention basée sur la pleine conscience dans la perte de poids chez la femme vient d’être publié par la Revue Appetite. Cette intervention fait la part belle à l’acceptation et l’engagement. Les processus entrainés étaient le contact avec les valeurs, la ‘défusion cognitive’ (c’est à dire reconnaître que les pensées sont des pensées plutôt que discuter de leur valeur de ‘réalité’), la futilité du contrôle, l’acceptation/l’accueil, l’observation de soi/la pleine conscience et l’action engagée. L’intervention faisait une large part aux métaphores et aux exercices expérientiels. Les résultats sont certes modestes, mais significatifs pour les 24 participantes (sur 31) ayant choisie d’appliquer les méthodes proposées lors des quatre ateliers de 2 heures formant la totalité de l’intervention. Les auteurs, conscients que sans cette analyse à posteriori, l’intervention n’aurait pas eu d’effet significatif, se proposent de raffiner leur méthode - afin de mieux encore emporter l’adhésion de futures participantes. On ne peut certes encore crier victoire sur le surpoids, mais voici une indication supplémentaire du potentiel des approches dites de ‘troisième vague’ de TCC.

Essai exploratoire avec contrôle randomisé d’une intervention basée sur la pleine conscience pour la perte de poids chez les femmes (Exploratory randomised controlled trial of a mindfulness-based weight loss intervention for women) Tapper, K.; Shaw, C.; Ilsley, J.; Hill, A.J.; Bond, F.W.; Moore, L. Appetite 52 (2009) 396-404

Abstract: Exploration de l’efficacité d’une intervention basée sur la pleine conscience pour la perte de poids des femmes. 62 femmes (âges 19-64; Index de Masse Corporelle – IMC 22,5-52,1) qui essayaient de perdre du poids on été assignées de au hasard à l’intervention ou la condition contrôle. Les participantes assignées à la condition intervention ont été invitées à participer à quatre ateliers de 2 heures, celles assignées à la condition contrôle de continuer leur régime habituel. Les données ont été recueillies en ligne de base, puis à 4 et 6 mois de suivi : IMC, niveau d’activité physique et santé mentale. A 6 mois, les participantes avaient un niveau d’activité physique supérieur aux contrôles (p<.05) mais aucune différence significative en terme de perte de poids ou de santé mentale. Cependant, une fois exclues des analyses les participantes qui disaient ne ‘jamais’ utiliser les principes de l’atelier au suivi à 6 mois (n = 7), les résultats ont montré à la fois des augmentations significativement plus importantes en terme d’activité physique (3,1 sessions par semaine de plus que les contrôles, p<.05) et des réductions significatives de leur IMC (0,96 relativement aux contrôles, équivalent à 2,32kg p<.05). Le principal médiateur des réductions de l’IMC était la réduction des comportements boulimiques. Malgré sa brièveté, l’intervention a promu le changement avec succès. De prochains raffinements devraient permettre d’augmenter son efficacité. (Opinion et traduction Benjamin Schoendorff)

(posté le 29 mars 2009)
Heather Haynes
Childhood Memories
Galerie Beauchamps (Cliquez)

APPRENDRE A ACCEPTER SES SOUVENIRS

A l'occasion de la sortie de son nouveau livre: Faire la Paix avec son Passé (Odile Jacob 2009) Jean-Louis Monestès - psychologue et chercheur - répond à nos questions. Jean-Louis est thérapeute et formateur ACT (Thérapie d'Acceptation et d'Engagement), et un des animateurs du site Le Magazine ACT.

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Dans ton nouveau livre tu écris sur comment nos souvenirs nous attirent vers le passé. Comment cela se passe-t-il?
Notre cerveau est le produit de milliers d’années d’évolution au cours desquelles se souvenir mieux et plus a permis une meilleure survie. Une part importante de son activité consiste à ce que nous nous souvenions de ce que nous vivons, particulièrement des situations qui nous ont mises en danger, afin que nous les évitions par la suite. Aussi, même si nous n’aimons pas certains de nos souvenirs, il se rappellent à nous en partie pour notre bien. Il reste que ce n’est pas toujours facile à vivre, particulièrement quand nous avons subi des traumatismes, des déceptions, des disparitions.

Sommes-nous les victimes de notre capacité à nous souvenir?
Les victimes et les bénéficiaires ! Mais c’est vrai que nous nous souvenons parfois trop et que nous sommes relativement peu acteurs de notre mémorisation. La plupart des choses que nous retenons sont apprises sans notre volonté. C’est le cas de détails banals (telle chanson que nous détestons et que nous fredonnons malgré nous toute la journée) comme des événements graves : accident, agressions, décès. Tout ce qui passe à portée de notre cerveau est « aspiré » et mémorisé, que nous le voulions ou non. C’est la première étape de notre impuissance par rapport à notre mémorisation. La seconde concerne l’évocation de ces souvenirs. Ils reviennent le plus souvent sans que nous les ayons convoqués, à la faveur de stimulus présents dans le contexte d’origine, ou encore de nos simples pensées, capables de s’évoquer entre-elles à la manière de cascades de dominos...

Quels moyens pratiques pour que notre passé ne nous parasite pas? Pouvons-nous contrôler nos souvenirs?
Malgré l’intuition que nous en avons, nous ne pouvons absolument pas contrôler nos souvenirs. Je montre dans mon livre que tenter de le faire nous conduit même dans une impasse et pourrait certainement être à l’origine de difficultés psychologiques. Ce qui ne nous empêche pas de tous nous escrimer à essayer de les effacer. Première « méthode » que nous essayons : contrôler notre pensée. De nombreux travaux ont montré qu’il existe un effet rebond à essayer de supprimer nos souvenirs : plus nous ressassons « il ne faut plus que je pense à cet accident », plus… nous passons de temps à y penser ! Nous sommes alors les parfaits répétiteurs d’un souvenir qui, de ce fait, en devient davantage disponible, et réapparaît plus souvent. Deuxième « méthode » : la distraction. Le souvenir du décès d’un proche me hante, et je décide de m’en distraire en pensant à autre chose plus agréable, par exemple mon prochain week-end à la plage. Je crée alors sans le vouloir un réseau de relations entre la plage et le décès. La plage devient alors un déclencheur puissant du souvenir du décès, et le piège se referme.
Pour que notre passé ne parasite pas notre présent, il faut au contraire s’orienter vers une démarche d’acceptation des souvenirs. Cela ne signifie pas qu’on doit aimer les situations douloureuses que nous avons vécues, mais qu’il est possible d’accepter la présence en nous de leurs avatars. La thérapie par exposition permet en partie cette acceptation. Une façon de la systématiser consiste à recourir aux outils de la pleine conscience, et à l’engagement vers de nouvelles actions à l’origine de nouveaux souvenirs qui diminueront la portée douloureuse des anciens.

Tu parles aussi d’accepter sereinement souvenirs et émotions...
C’est une démarche et une réflexion plus générale sur la volonté de contrôle qui nous habite tous. Nous sommes habitués à avoir un certain contrôle sur l’environnement qui nous entoure, et nous reproduisons nos tentatives de contrôle sur ce qui se passe en nous : souvenirs, émotions, pensées, sensations. Malheureusement, notre vie psychologique ne se contrôle pas de la même façon que l’environnement dans lequel nous vivons. Elle ne se contrôle même pas du tout ! Retrouver une sérénité par rapport à nos souvenirs passe par la constatation que nous ne sommes que les réceptacles de ces événements psychologiques, dont nous pouvons prendre conscience, que nous pouvons observer, mais qu’il est vain d’essayer de modifier. Pour certains de nos patients, le contrôle est devenu leur seule modalité d’interaction avec le monde, leur seule raison d’être. Ils appauvrissent alors leur vie sans le vouloir. Dans notre jargon, nous dirions qu’ils agissent vers des renforcements négatifs (supprimer la souffrance) en négligeant les sources de renforcements positifs (augmenter le bonheur). Retrouver une sérénité par rapport à ses souvenirs douloureux va consister à faire une place à la douleur qu’ils évoquent, arrêter de lutter contre elle, afin de se consacrer pleinement à enrichir sa vie. En somme, faire autre chose que chercher à contrôler. Une démarche qui peut paraître bien anachronique dans notre société où tout doit être prévu, géré et maîtrisé, mais qui commence à montrer son intérêt dans divers troubles psy. (interview réalisée par email par Benjamin Schoendorff)

(posté le 24 mars 2009)

Zindel Segal

1ERE JOURNEE DE L’ASSOCIATION POUR LE DEVELOPPEMENT DE LA MINDFULNESS

La thérapie basée sur la pleine conscience (Mindfulness-Based Cognitive Therapy - MBCT)

Zindel Segal

Vendredi 15 mai 2009
Salle Denicker, Hôpital Sainte Anne
1 rue Cabanis – 75014 Paris

Atelier initiation (ouvert à 60 personnes)
9:00 – 12:00 MBCT: Présentation des 8 séances et exercices pratiques

Atelier confirmé (ouvert à 30 personnes formées en MBCT et instruisant les 8 séances)
13:00 – 16:00 MBCT : Supervision

Téléchargez le bulletin d'inscription en format doc

(Posté le 23 mars 2009)

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FAIRE LA PAIX AVEC SON PASSE

Jean-Louis Monestès

Odile Jacob (2009)

Nos souvenirs nous attirent vers le passé. Mais notre vie se passe maintenant !
Regrets, traumatismes, deuils, mais aussi nostalgie des moments heureux : nous souvenons-nous trop ?

Comment faire pour que notre passé ne parasite pas notre présent ? Comment accepter sereinement nos souvenirs et les émotions qui les accompagnent ?

Ce livre nous aide à sortir du piège de la mémoire. Il nous explique pourquoi il est si difficile d’oublier, et nous montre comment cesser de vouloir tout contrôler.

Jean-Louis Monestès est psychologue et thérapeute ACT Le Magazine ACT

(posté le 22 mars 2009)

SOMMES-NOUS SI DIFFERENTS DES PERSONNES ATTEINTES DE SCHIZOPHRENIE ?

La schizophrénie est une maladie mentale qui fait peur par son étrangeté. Les personnes qui en sont atteintes semblent très différentes de celles qui se sentent bien dans leur peau, et de ce fait, très difficiles à comprendre. Pourtant, entre le malade atteint de schizophrénie et une personne en parfaite santé mentale, il n'existe pas tant de distance qu'on pourrait le croire. Jean-Louis Monestès, psychologue qui a beaucoup écrit de manière claire et très humaine sur le sujet a accepté de répondre aux questions du site e-santé.fr

Dr Catherine Solano : D’abord, la schizophrénie, qu’est-ce que c’est exactement ?
Jean-Louis Monestès : Bien que cette maladie puisse prendre des formes très variées, elle se caractérise classiquement par deux signes : les hallucinations et les idées délirantes. Pourtant, beaucoup de personnes vivent ces expériences alors même qu'elles ne sont pas atteintes de schizophrénie.
CS : La plupart des gens autour de nous ont donc, d’après vous, des idées délirantes et des hallucinations!
JLM : Disons que chacun est susceptible de vivre ces expériences de manière ponctuelle et qu'il est très fréquent de les avoir vécues, bien plus qu'on ne le croit. On sait que 5 à 25 % des personnes non-malades ont déjà eu des hallucinations. Il peut par exemple s'agir de la voix d'une personne aimée que l'on entend juste après son décès. C'est fréquent dans les jours qui suivent un deuil. Les hallucinations hypnagogiques, au moment où vous sombrez dans le sommeil, sont aussi relativement fréquentes. Vous pouvez voir quelque chose ou entendre une voix alors qu'il n'y a personne… Et l'on sait que les hallucinations peuvent apparaître dans les cas de fatigue intense, de privation de sommeil ou encore d'isolement.
CS : Vous parlez des hallucinations, mais beaucoup de personnes non atteintes de schizophrénie auraient aussi des idées délirantes ?
JLM : Il peut nous arriver à tous de croire en des choses non démontrées. Ces idées correspondent à des conclusions fausses à partir de faits observés. Elles sont très répandues. Parmi les personnes qui ne sont pas touchées par la schizophrénie, on sait que 25 % pensent qu'il y a des gens qui leur en veulent ou qu'il existe un complot contre elles.
Il peut arriver à n'importe qui de tirer des conclusions aberrantes à partir de ce qu'il vit et d'en être convaincu. Par exemple, dans un avion, pour peu que vous vous sentiez un peu stressé, si vous entendez des bruits bizarres, vous pouvez avoir la conviction que l'avion va s'écraser... même si tout va parfaitement bien. Et si l'hôtesse vous rassure, vous pouvez vous dire ' c'est une preuve que ça va vraiment mal, sinon, elle n'aurait pas besoin de chercher à rassurer les passagers… ' Et vous vous angoissez encore plus. C'est une interprétation quasi délirante à partir de ce que vous vivez.
CS : Alors, si nous avons tous des hallucinations et des idées délirantes, quelle est la différence entre une personne schizophrène et une personne non-schizophrène ?
JLM : La différence se situe d'abord dans la fréquence des hallucinations. Chez une personne atteinte de schizophrénie, les hallucinations sont beaucoup plus fréquentes. Cela peut être très éprouvant d'entendre toute la journée des voix par exemple. Et puis, ces hallucinations sont plus connotées. Pour les hallucinations auditives, les plus fréquentes, il peut s'agir de menaces, de commentaires parfois agressifs, ou encore d'insultes. Alors que chez monsieur tout le monde, une hallucination sera bien plus neutre en général. Il pourra entendre une voix qui l'appelle par exemple. Et puis, il faut savoir que lors d'une hallucination, l'activité du cerveau est la même que lorsqu'on entend quelque chose provenant du monde extérieur. Lorsqu'un malade dit entendre une voix, il l'entend réellement, même si vous ne pouvez l'entendre. Ce n'est pas imaginaire, il y a bien quelque chose qui se passe dans son cerveau. C'est comme s'il y avait un bug ou un mauvais câblage qui entraîne une modification des perceptions auditives, visuelles, olfactives…
Si nous entendons exceptionnellement une voix alors que personne n'est présent, nous pouvons nous dire que nous sommes fatigués ou que cela n'a pas d'importance. Lorsque les patients entendent fréquemment une voix qui les insulte et semble connaître de nombreux détails sur eux, et qu'en plus cette voix a toutes les caractéristiques des voix entendues habituellement, il leur est très difficile de ne pas en tenir compte.
CS : Et pour les idées délirantes, quelle est la différence entre une personne souffrant de schizophrénie et une personne qui n’en souffre pas ?
JLM : L'idée délirante apparaît souvent à cause des hallucinations ou des modifications émotionnelles. Prenons le cas de quelqu'un qui entend des voix. Il les entend réellement même si vous, vous ne les entendez pas. Le premier réflexe de son entourage, c'est de lui dire : ' Mais non, tu n'as rien entendu '. Lui se dit : ' pourtant, j'entends bien une voix. ' Alors, il cherche une explication, car il est très difficile de rester passif face à quelque chose qui nous angoisse. L'explication qu'il trouve peut paraître impossible ou délirante, mais c'est la seule qu'il trouve. Comment expliquer que quelqu'un puisse lui parler directement dans la tête sans que personne d'autre ne l'entende ? Cela peut être Dieu qui lui parle ? Ou quelqu'un de très puissant ? Quelqu'un qui cherche à le manipuler ? Des extraterrestres ? Un micro dans sa tête ? L'idée délirante est en fait une tentative de rendre intelligible ce que vit cette personne.
S'il nous arrive de croire en des choses non démontrées, c'est généralement face à des événements moins impliquants que d'entendre une voix nous parler ou de sentir nos pensées manipulées par un autre. Si l'on s'imagine à la place de cette personne, on peut penser que l'on réagirait de la même manière.
Le problème, c'est que lorsqu'une personne explique à son entourage ce qu'elle vit et ce qu'elle pense, tout le monde lui dit : ' mais tu es folle ! '. Les patients se retrouvent souvent confrontés à des expériences inquiétantes et étranges, mais ne peuvent pas souvent en parler, ou trouver d'explication acceptée par leur entourage. Elles ont souvent tendance à se renfermer sur elles-mêmes, à se couper des autres, à ne plus parler de ce que les autres ne peuvent supporter d'entendre. Ce qui leur donne encore moins de chances d'envisager différemment ce qui leur arrive.
La schizophrénie est donc un processus, un phénomène dynamique qui se met en place à partir des hallucinations et des modifications émotionnelles et qui conduit aux explications délirantes. C'est pourquoi si l'on prend cette maladie en charge très tôt, avant que la construction d'idées délirantes et l'isolement ne soient installés, le traitement fonctionne mieux. C'est donc une maladie qui gagne à être détectée tôt. Nous pouvons faire notre possible pour éviter que des nœuds très serrés, donc difficiles à dénouer, se mettent en place. Alors, au moindre doute, il faut vraiment consulter un psychiatre ou un psychologue.
CS : Les personnes atteintes de schizophrénie sont réputées plus dangereuses, voire violentes. Est-ce une réalité ?
JLM : C'est une idée fausse qui fait énormément de mal. La réalité, c'est que les personnes atteintes de schizophrénie sont fragiles et subissent 11 fois plus de violences que les autres. En 2002 par exemple, sur 47.655 personnes mises en cause pour agression, seules 285 ont été considérées comme irresponsables pour cause psychiatrique. Soit 0,59 % des crimes et délits, alors qu'il existe 1 % à 1,5 % de personnes atteintes de schizophrénie*.
Les faits-divers relatés dans les médias sont évidemment dramatiques. Mais s'ils sont montés en épingle, c'est qu'il est angoissant d'imaginer que la violence puisse frapper au hasard. Nous vivons dans une société où nous voulons tout comprendre et tout contrôler. L'incompréhension est à l'origine de peurs irrationnelles. La schizophrénie est une maladie mal connue qui paraît très éloignée de ce que nous pouvons vivre. Les réactions dans les médias sont bien moins nombreuses lorsqu'une personne ivre tue quelqu'un d'un coup de couteau, bien que l'événement soit tout aussi dramatique et insupportable. Il est, pourtant, beaucoup plus fréquent.
Il faut impérativement lutter contre cette fausse idée qui associe violence et schizophrénie. Véhiculer cette idée conduit à stigmatiser les patients et les familles, qui se sentent rejetés et souffrent encore davantage. De plus, cela peut entraîner des retards dans la demande d'aide, face à la maladie.
CS : Alors comment se comporter face à une personne atteinte de cette maladie qu’est la schizophrénie ?
JLM : C'est difficile à expliquer en quelques mots, puisque j'ai écrit tout un livre sur le sujet ! Mais il faut avant tout chercher à se mettre à la place de l'autre, essayer de le comprendre et non prendre de front ces signes en niant leur existence. Et cela n'est ni facile, ni naturel. Cela s'apprend en comprenant davantage ce que recouvre cette maladie et ce que vit le patient. C'est pourquoi il est bon de se faire aider pour être un soutien affectueux pour la personne malade. Télécharger cette interview en format pdf.

Voir le Livre de Jean-Louis Monestès sur la Schizophrénie.

Jean-Louis est également animateur du Magazine ACT

(Posté le 22 mars 2009)

LES DOUZE PIRES HABITUDES DES THERAPEUTES

Nous avons tous de mauvaises habitudes, mais quand la personne qui a de mauvaise habitudes est votre thérapeute, il existe un « vrai potentiel d’interférence avec la thérapie ».
Voici, selon John M Grohol fondateur du site Américain PsychCentral les 12 pires habitudes de thérapeutes et dont les patients se plaignent le plus.

1. Arriver en retard à ses rendez-vous avec ses clients
2. Manger devant les clients
3. Bailler devant ses clients
4. Donner trop d’information personnelle
5. Ne pas être joignable par téléphone ou par mail
6. Se laisser distraire par un téléphone, un portable ou un ordinateur
7. Exprimer des préférences raciales, sexuelles, musicales, de style de vie ou religieuses
8. Avoir des animaux de compagnie en salle de consultation
9. Serrer ses clients dans les bras et le contact physique
10. Faire un étalage inapproprié de richesse ou vestimentaire
11. Regarder l’heure12. Prendre trop de notes

Heureusement que cela n’est vrai que des thérapeute américains ! (traduction et adaptation Benjamin Schoendorff)

Découvrez sur mon blog les 12 pires habitudes des thérapeutes français selon les membres de Médiagora Paris

Posté le 19 mars 2009

UNE CRITIQUE DOCUMENTEE DES TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX PSYCHIATRIQUES

Résumé de l’editorial du Lancet “ The Fool on the Hill”, Athar Yawar, The Lancet (Volume 373, Pages 621 - 622, 21 February 2009)

Le psychiatre humaniste Atahr Yawar souligne que depuis la révolution des lumières, même le plus grotesque des traitements de ce qui était autrefois dénommé « folie », est apparu comme une alternative humaine aux traitements existants. Les traitements antipsychotiques et antidépresseurs produisent eux aussi des effets secondaires parfois très importants, mais ces derniers semblent justifiés par l’impact des troubles mentaux, et l’évidence que ces traitements chimiques fonctionnent. Et si ce n’était pas le cas?
Dans l’ouvrage The Myth of the Chemical Cure: A Critique of Psychiatric Drug Treatment (Le mythe du traitement chimique : une critique des traitements médicamenteux psychiatriques ), la psychiatre Joanna Moncrieff examine de nombreuses études en détail et accumule des données dérangeantes sur l’efficacité des médicaments psychiatriques:mesures de résultats sélectives et trompeuses, suivi inadapté, biais de publication, attention sélective à l’égard des preuves, et la capacité à construire des questions dont les réponses sont prédictibles, sinon partiales.
L’ouvrage Side Effects: a Prosecutor, a Whistleblower, and a Bestselling Antidepressant on Trial (Les effets secondaires, un procureur, un dénonciateur, et un antidépresseur best- seller à l’épreuve), de Alison Bass éclaire la façon dont les erreurs systématiques dans les recherches influencent la pratique : les laboratoires pharmaceutiques payent et conçoivent les recherches, les promotions universitaires sont liées au recrutement de subventions par les chercheurs, les chercheurs ambitieux ont peu de liberté sur le financement d’outils très onéreux. Dans ces conditions, les recherches frauduleuses ne constituent pas simplement une anomalie, mais le résultats de pressions académiques , et même en l’absence de fraudes à la recherche, trop souvent le mécanisme de la recherche lui-même exclut le point de vue du patient. .
Yawar souligne que la psychiatrie est une discipline de l’écoute et de l’accompagnement de la souffrance: si les patients auront toujours besoin de psychiatres, auront-ils toujours besoin de psychiatrie ? Au lieu de devenir une sorte d’expertise dans l’accompagnement, celle-ci s’est constituée discipline de la mécanique cérébrale, extirpant le sens des choses, et ramenant les troubles à des labels purement descriptifs.
Si la folie consiste à embrasser des croyances que la société considère comme insupportables, il est nécessaire de considérer qu’aucune société ne possède de connaissance totale. L’hypothèse que la « folie » est forcément un trouble mental, implique qu’a priori nous soyons sains d’esprit.
En stigmatisant les gens souffrants de troubles mentaux, nous ignorons trop souvent le contexte. Dans le but louable de comprendre les troubles mentaux, des modèles biochimiques exagérément simplifiés ont été appliqués au fonctionnement cérébral avec des résultats parfois peu concluants ;
Enfin, certains avancent que si le traitement pharmaceutique fonctionne, la différence d’efficacité avec le placebo est réduite, et que le pronostic est parfois meilleur avec « le traitement moral antérieur » (repos, activités…). Le médicament s’occupe des symptômes, pas de l’être humain qui les porte. Ce traitement moral (écoute, soutien pratique…) est un outil formidable pour le médecin, une occasion de considérer un individu et son histoire plutôt qu’un diagnostic, et dans ce sens le travail de Moncrieff et Bass enjoint les médecins à l’indépendance intellectuelle et morale. Christophe Cazauvielh Le site de Christophe

(posté le 18 mars 2009)

UN POINT DE VUE DE JEAN COTTRAUX SUR LA CRISE FINANCIERE

Peut-on être positif face à la crise?

Dans ce point de vue publié dans La Tribune.fr en Octobre 2008 et qui reste d'actualité, notre mai Jean Cottraux, Auteur de La force avec soi. Pour une psychologie positive (Éditions Odile Jacob, 2007) Jean Cottraux donne son point de vue sur la crise.

Il n'y a pas de crise sans changement, ni de changement sans crise. La débâcle actuelle du capitalisme pourrait s'avérer salutaire si elle permettait une réévaluation lucide de ses causes et conduisait à la recherche de solutions équitables et durables. Je n'ai aucune légitimité pour parler d'économie, mais je vais tenter de l'aborder sous l'angle de la psychologie positive. Ce courant s'intéresse aux expériences subjectives positives, en particulier le bonheur et le bien-être, le plaisir et la plénitude, aux traits positifs de caractère, en particulier l'optimisme, et aux institutions positives, aussi bien celles qui gèrent l'éducation que l'organisation du travail ou la vie sociale.
Entre septembre 2001 et septembre 2008, l'illusion d'un contrôle s'est évanouie. On peut illustrer cela par un passage de la Bible, qui raconte la chute de Babylone?: Jéhovah inscrit avec des lettres de feu sur les murs de la ville ces trois mots?: « pesé, compté et divisé ». Cet avertissement peut être comparé à l'attaque du World Trade Center et du Pentagone en 2001. À mon sens, c'est le début de la crise actuelle. Ce 11 septembre 2001 a brisé l'illusion d'invulnérabilité d'une société et contesté le leadership des États-Unis, en détruisant, symboliquement, le siège bureaucratique du commerce mondial. Un officiel américain a eu cette phrase clairvoyante pour qualifier cet acte?: « Low in technology, but high in concept » (« de faible technologie, mais de conception brillante »).
Un Occident hautement technologique serait-il donc devenu moralement faible, persuadé que l'écran de l'ordinateur est le miroir de la réalité?? Or, la réalité est ce qui nous retombe dessus lorsque l'on éteint l'ordinateur. L'aliénation portée par la toute-puissance du numérique a ainsi été démontrée, mais les conséquences n'en ont pas été vraiment tirées.Nous vivons dans une « boucle d'accélération » où le progrès moral est en retard sur le projet technologique. Plus de règles rigides sont appliquées, plus la bureaucratie s'épanouit, et plus se développent l'inertie et l'impuissance. Plus l'impuissance bureaucratique gagne du terrain, plus les plus habiles la contournent, et plus les personnes économiquement marginalisées développent des manifestations psychiatriques graves, comme le montrent plusieurs études épidémiologiques dans le monde.Si les règles et les lois ne s'imposent pas d'elles-mêmes, et que les dés semblent pipés, l'individu devient cynique.
De là vient le succès, depuis trente ans, de films à scénario paranoïaque où le système persécute l'individu?: « Le Prisonnier », « X Files », « Truman Show », « The Game », « Matrix », « Da Vinci Code », « 24 heures chrono ». En niant la réalité, la théorie du complot essaie de rétablir l'illusion de contrôle. Elle génère chez celui qui y adhère le sentiment qu'il a tout compris de ceux qui le manipulent. Un pas de plus, et un mouvement politique s'attaquera réellement aux suspects habituels?: le complot judéo-maçonnique, la ploutocratie, les deux cents familles, l'État, le capitalisme, la nomenklatura, les intellectuels, etc. Cette défiance annonce le retour d'une thématique fasciste, au nom de la justice sociale, dont on sait qu'elle fut en Allemagne la conséquence de la crise économique de 1929.
Aussi, une des solutions psychologiques à la crise passe par l'affirmation et la pratique de valeurs humanistes pour rétablir la confiance.Depuis quelques semaines, nombre d'économistes donnent leur avis dans les médias et dispensent des cours utiles au profane. Certains affirment que l'économie est une science, pas une morale. Selon eux, il suffira que les vannes du crédit s'ouvrent à nouveau pour que l'optimisme « génétique » des Américains reprenne le dessus et que l'économie mondiale décolle à nouveau.
Or, l'économie n'est pas stricto sensu une science, ses expériences n'étant pas reproductibles. Comme l'histoire, elle ne repasse pas les plats, même si après coup on peut en faire une étude objective. En fait, l'économie est d'abord tributaire des émotions qui dominent les jugements des individus et des groupes devant une conjoncture. L'optimisme n'étant héréditaire qu'à environ 40 %, même si les Américains en avaient une meilleure dotation (ce qui reste à démontrer), ce sont les émotions et les interprétations de l'opinion mondiale qui régulent l'économie.Or qu'attend la majorité?? Que son travail soit décemment rémunéré, que ses investissements soient récompensés à la mesure des efforts consentis et que ses projets lui apportent du bien-être. Tous les travaux réalisés sur le bien-être ont montré qu'il n'était pas corrélé avec le montant du compte en banque, mais avec une vie qui a du sens. Ce que la majorité souhaite avant tout est une morale qui serait la meilleure façon de lui remonter le moral. En effet, une personne qui ne voit plus de lien entre ses efforts et des récompenses finit par entrer dans le cercle de l'impuissance apprise?: agir ou ne pas agir revient au même, rien ne sert de faire des projets et d'investir.
Pour que l'investissement affectif et économique redémarre, l'économie doit chercher une morale acceptable par la majorité. À court terme, le capitalisme décollera à nouveau, mais ce ne sera qu'une rémission. À moyen terme (un an), il faudra s'interroger sur la redistribution équitable des richesses?: les oubliés de cette crise sont les sous-alimentés. À plus long terme (moins de dix ans), il faudra gérer les problèmes écologiques que le tintamarre bancaire a fait oublier. En fait, la nécessité d'une institution mondiale de régulation économique porteuse de valeurs humanistes est clairement posée.
Nous revenons ainsi à notre point de départ. Depuis la chute du World Trade Center, la question est?: qui détiendra à l'avenir un leadership mondial accepté par tous pour aider chacun à mieux vivre?? Jean Cottraux

(publié le 18 mars 2009)

Aux Journées d'Automne de l'Afforthecc 2008
B. Schoendorff, K. Wilson, G. Degoul,
J. Grand, B. Putois (photo D. Bibollet)

A PROPOS DE COMPORTEMENT, DE BIOLOGIE ET DE CAUSES

Qu’est-ce qui cause les maladies et la souffrance mentale ?
L’environnement, l’histoire, la biologie ou la génétique ? Le débat n’est pas prêt d’être clos. La manière dont nous abordons ce débat est elle-même importante. Nous publions ci-dessous un court article de Kelly Wilson extrait de sa page Facebook qui présente de manière claire et succincte le point de vue du comportementalisme profond. Notre espoir est qu’à la lecture de cet article, vous contribuerez d’autres points de vue venus d’autres perspectives ou traditions - ou même vos propres observations – afin de faire de ce site un lieu d’échange et de confrontation vivant. B. Schoendorff

L’analyse du comportement est basée sur l’idée que le comportement est le produit du contexte historique immédiate. Cette position n’ignore pas les anomalies biologiques ou génétiques en tant que causes. Mais simplement elle ce concentre sur l’analyse des causes contextuelles. Vraisemblablement, même quand les causes biologiques sont tout à fait claires, comme dans la trisomie, les causes contextuelles importantes pour faciliter l’apprentissage et une vie valable. En fait, l’histoire des interventions psychologiques est encombrée d’exemples où les difficultés biologiques, y compris la trisomie, étaient considérées comme imposant de plus grandes limites sur la vie et l’apprentissage que n’était réellement le cas. En vérité, la seule façon que nous avons de connaître les limites imposées par la biologie est d’explorer l’impact du contexte. Quand nous étudions les déterminants biologiques potentiels de difficultés comme la dépression, la psychose, et l’anxiété, a priori, nous ne connaissons tout simplement pas les limites que nous imposent la biologie et la génétique. Il y a là une certaine malléabilité. Combien ? C’est là un sujet d’investigation empirique. Kelly Wilson, le 22 février 2009

(posté le 16 mars 2009)

 

BIEN VIVRE AVEC LE TROUBLE BIPOLAIRE, 25 mars 2009, Lyon

Dans le cadre de la semaine d'information sur la santé mentale (SISM 2009), l'association lyonnaise de personnes vivant avec le trouble bipolaire, Icebergs, organise une table ronde intitulée:
Pour bien vivre avec le trouble bipolaire: quelles attitudes et stratégies mettre en oeuvre pour devenir acteur de la prise en charge de sa maladie?
Avec la participation du Dr Polosan, CHU de Grenoble, Mme Hauteville, conseillère Cap-Emploi Lyon, Mme Losson-Laporte, Psychologue, MDHP du Rhône, Dr Siobud, Hôpital St Anne, Paris.
Mairie du 7ème Arrondissement, Salle des mariages, Place Jean Macé, 69007, Lyon.
Contact: Association Iceberg : 04 72 40 94 86
Téléchargez le programme de cette soirée.

Téléchargez une présentation de B. Schoendorff: "Bien Vivre avec le Trouble Bipolaire"

(posté le 16 mars 2009)

SUR LE BLOG DE CHRISTOPHE ANDRE - C'EST PAR OU LA SORTIE ?

Un soir à Sainte-Anne. Après une longue consultation, je raccompagne mon dernier patient à la porte du bureau. C'est la première fois qu'il vient: un "primo-consultant" en langage médico-technocratique.
Souvent les pauvres primo-consultants sont perdus à la fin de la consultation : après avoir parlé au psychiatre de tas de choses douloureuses, ils se retrouvent dans un grand couloir dont toutes les portes se ressemblent, et ils ne reconnaissent plus le chemin par lequel ils sont arrivés : pour sortir, c'est à droite ou à gauche ?
Ce patient est très déprimé, très insomniaque. Et aussi très drôle. La dérision lui sert, comme souvent, d'antidésespoir, sinon d'antidépresseur.
Alors - mythologie de Sainte-Anne oblige - à cet instant précis où il ne sait plus vers où aller - à droite ou à gauche ? - au lieu de demander comme vous et moi : "où est la sortie ?", il me regarde de son oeil sombre et rigolard et me dit : "il y a une sortie ?"
J'en ris dans ma tête toute la soirée, et le lendemain encore. Merci cher patient d'avoir en une seconde effacé toute la fatigue de la journée de consultations. Malgré tes propres peines. Christophe André

Le blog de Christophe André

(posté le 15 mars 2009)

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UNE COSMOLOGIE COMPORTEMENTALISTE

avec exercice expérientiel

Le comportementaliste profond (plus communément appellé comportementalisme radical ou skinnérien) souffre depuis longtemps d’une mécompréhension de sa philosophie sous-jacente - qui est encore trop souvent réduite à là seule observation des comportements extérieurement observables, voire même à la négation des pensées, émotions, et toutes les choses dont on ne peut faire l’expérience que 'de l’intérieur' (c’est à dire au comportementalisme méthodologique).
Rien n’est moins juste, c’est pour cela que nous publions une adaptation d'un court extrait du nouvel ouvrage De Mavis Tsai, Robert Kohlenberg et coll. A practical Guide to Functional Analytic Therapy, Awareness, Courage, Love and Behaviorism. Pour nos lecteurs anglophones, ce livre permet de comprendre et d’approfondir tout ce qui fait la relation thérapeutique... thérapeutique! Chaleureusement recommandé. B. Schoendorff (opinion)

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Nous invitons les thérapeutes à apprendre la philosophie comportementaliste et à être capable de parler comme des comportementalistes. Certains peuvent juger cela froid et distant, mais ce n’est en rien le cas. En fait, sa philosophie centrale cultive et permet de profondes connections, l’empathie et l’amour.
Nous présentons ci-dessous une cosmologie comportementaliste: une métaphore qui élargit la manière de regarder - la vision - comportementaliste, permet de rendre compte de l’interconnexion de toute vie, et ainsi permet une meilleure conscience de l’ici et maintenant. L’attention à ce que le client expérience ici et maintenant est souvent le point focal le plus productif en thérapie. Si on l'ignore, ça peut devenir contre-productif. Afin de pouvoir au mieux s’occuper de l’expérience du client, les thérapeutes ont avant tout besoin d’être en contact avec leur propre expérience.
Une explication comportementale de qui nous sommes et comment nous pensons, comment nous ressentons et comment nous percevons est une description verbale de notre histoire, en particulier des contingences de renforcement qui ont permis l’émergence de nos répertoires comportementaux. Les contingences de renforcement rendent plus fortes - et affaiblissent - différentiellement des répertoires spécifiques de comportement opérant. En sus de cela, un autre type de contingences a également façonné des aspects importants de qui nous sommes. Ces contingences sont les contingences de survie qui ont déterminé lesquels de nos ancêtres ont survécu et lesquels sont morts. Leur matériau génétique, leur structure physique et leurs tendances comportementales, ont été façonnés par ces contingences de survie. Le comportement opérant lui-même est une tendance qui a été façonnée de cette manière. Les contingences de renforcement, depuis cette perspective, travaillent à produire du comportement opérant parce que ceux de nos ancêtres dont les modes de comportement adaptifs ont été renforcés par certaines conséquences promouvant la vie ont survécu. Par exemple, nos ancêtres ont appris comment retracer leurs pas vers le dernier point d’eau car ils ont été renforcés en y trouvant de l’eau. Ils nous ont passé la tendance d’avoir des comportements renforcés par des contingences de renforcement.

Robert Kohlenberg, Mavis Tsai, Jonathan Kanter, 2009. (Adaptation et traduction B. Schoendorff)
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(posté le 14 mars 2009)

EXERCICE EXPERIENTIEL: Les deux rivières

Fermez les yeux et laissez votre attention se porter sur votre respiration. Respirez naturellement, en observant les sensations dans votre poitrine et votre ventre autour de l’air qui entre sur l’inspiration et qui sort sur l’expiration. Si vous remarquez que votre attention se trouve emportée, c’est tout à fait normal, regardez si vous pouvez la ramener simplement à votre respiration.
Imaginez que vous vous tenez au centre d’une rivière dont le courant est composé de toutes vos expériences passées. Si vous regardez un peu en amont, vous pouvez vous voir il y a quelques heures, (vous réveillant, vous préparant, prenant votre déjeuner puis venant jusqu’ici). A présent, regardez encore plus loin en arrière dans le courant de la rivière en direction des jours, semaines et mois récemment écoulés et arrêtez-vous sur l’expérience d’une interaction particulièrement plaisante que vous avez eu avec une autre personne. Essayez de vous souvenirs des détails de cette rencontre. Où vous étiez ce que vous pouviez voir autour de vous. Essayez à présent de vous souvenir de la position de corps de cette personne, de son visage et des détails de son expression faciale. Souvenez-vous des mots qui peut-être ont été échangés entre vous. Souvenez-vous de ce que vous avez ressenti alors, au contact de cette personne.
A présent imaginez que cette personne se tient dans le courant de sa propre rivière qui se tient derrière elle, et que votre interaction implique une confluence de vos deux courants. Au moment de ce contact, deux petits bras de chacune de vos rivières se sont mêlés, puis s’en sont retournés. Sentez comment ce qui s’est passé entre vous a été influencé non seulement par votre propre histoire, mais aussi par l’histoire de l’autre personne.
A présent regardez plus loin dans le courant, en amont de cette interaction. En remontant, regardez si vous pouvez vous voir jeune adulte, adolescent, enfant, bébé faisant vos premiers pas. Prenez un instant pour reconnaître les personnes les plus importantes qui ont façonné qui vous êtes. Puis posez votre attention sur une image spécifique ou simplement la notion que vous étiez un nouveau né se tenant dans le courant de ses propres expériences passées qui l’avaient elles aussi façonnée, même si vous n’êtes pas conscient de toutes ces expériences. Essayez de regarder plus loin en arrière et de remonter jusqu’au fœtus dans la matrice, puis remontez dans le temps jusqu’à l’instant où le spermatozoïde a rejoint l’ovule. Ce spermatozoïde et cet ovule se tenaient eux aussi dans leur propre rivière, le courant de leurs expériences passées ayant façonné le matériau gétique de chacun. Enfin laissez-vous prendre conscience de votre interconnexion avec tous les autres et avec l’univers tout entier. Enfin, laissez-vous ressentir un sens d’interconnexion avec avec les autres et le pouls de l’univers, et ouvrez les yeux.

L'exercice ci-dessus s'arrête au sperme et à l'ovule. Cependant, selon Skinner, la métaphore complète incluerait de remonter la chaine de l'évolution jusqu'à la soupe primordiale, puis aux évènements géophysiques qui ont conduit à la formation des acides aminés, et ainsi de suite. Depuis cette métaphore irriguée par le comportementalisme, et qui illustre nos histoires de contingences de renforcement et de survie, il y a une unité cosmique et une interconnexion entre nous tous et les origines matérielles que nous avons tous en commun.[...]

Depuis la perspective comportementaliste, un contact aussi profond avec l'instant présent est crucial, dans la mesure où il permet d'augmenter la reconnaissance et le contact avec les contingences immédiate et une capacité accrue à être plus naturellement renforçant pour vos clients et les autres personnes qui entrent en contact avec vous et le flot de vos expériences.

Robert Kohlenberg, Mavis Tsai, Jonathan Kanter, 2009. (Adaptation et traduction B. Schoendorff)
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(posté le 14 mars 2009)

META-ANALYSE: QUELS SONT LES ANTIDEPRESSEURS DE NOUVELLE GENERATION LES PLUS EFFICACES, LES MOINS CHERS ET LES MIEUX TOLERES ?

Une nouvelle méta-analyse parue dans The Lancet (Volume 373, Issue 9665, Pages 746 - 758, 28 February 2009), le grand journal medical Britannique, compare 12 anti-dépresseurs de nouvelle generation en termes d’efficacité, d’acceptabilité (vs. interruption de traitement) et de côut de revient. Résultat: L’Escitalopram (Seroplex) et la Sertaline (Zoloft) montre le meilleur profil efficacité/acceptabilité, avec un avantage pour la Sertraline au noiveau du coût de revient.
Ci-dessous une traduction de l’abstract de cette etude B Schoendorff.

Comparative efficacy and acceptability of 12 new-generation antidepressants: a multiple-treatments meta-analysis, Dr Andrea Cipriani PhD et coll.

Présentation Les méta-analyses conventionnelles ont montré des résultats inconsistent en matière d’efficacité des anti-depresseurs de deuxième generation. Nous avons donc conduit une méta-analyse de traitements multiples, qui prend en compte les comparaisons directes et indirectes, afin d’estimer les effets de 12 antidpresseurs de nouvelle generation sur la depression majeure.
Méthodes Nous avons systématiquement passé en revue 117 études controlees randomisées (25 928 participants) conduits de 1991 jusquau 30Novembre 2007, qui comparaient le traitemnt de la depression unipolaire majeure de l’adulte au moyen de dosages thérapeutiques d’antidépresseurs parmi lesquels : bupropion, citalopram, duloxetine, escitalopram, fluoxetine, fluvoxamine, milnacipran, mirtazapine, paroxetine, reboxetine, sertraline, and venlafaxine. Les résultats principaux de ces etudes étaient les proportions de patients qui répondaient au - ou abandonnaient le – traitement assigné. L’analyse a été faite sur la base de l’intention de traiter.
Résultats La mirtazapine, l’escitalopram, la venlafaxine, et la sertraline étaient significativement plus efficaces que la duloxetine (odds ratios [OR] 1·39, 1·33, 1·30 and 1·27, respectivemen), fluoxetine (1·37, 1·32, 1·28, and 1·25, respectivement), la fluvoxamine (1·41, 1·35, 1·30, and 1·27, respectivemen), la paroxetine (1·35, 1·30, 1·27, and 1·22, respectivemen), et la reboxetine (2·03, 1·95, 1·89, and 1·85, respectivemen). La reboxetine était significativement moins efficace que tous les autres antidépresseurs testés. L’escitalopram et la sertraline avaient le meilleur profil d’acceptabilité , résultant à significativement moins d’interruption de traitemnt que la duloxetine, la fluvoxamine, la paroxetine, la reboxetine, et la venlafaxine.
Interpretation Des differences cliniquement importantes existent entre les antidépresseurs les plus communément prescrits tant en terme d’efficactité que d’acceptatbilité en faveur de l’escitalopram et la sertraline. La sertraline pourrait être le meilleur choix quand on commence le traitement de la depression majeure modérée ou severe chez l’adulte parce qu’elle montre le meilleur équilibre entre benefices, acceptabilité et coût d’acquistion.
Financement Aucun (traduction B. Schoendorff)

(posté le 14 mars 2009)

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GUIDE DE PSYCHOLOGIE DE LA VIE QUOTIDIENNE

Sous la Direction de Christophe André (Odile Jacob)

Comment être bien dans sa vie, en amour, en famille, au travail ? Comment vivre en paix avec soi, se sentir bien à deux et s’épanouir avec les autres ?
Ce guide informe et donne des conseils sur les questions qui préoccupent chacun d’entre nous : l’estime de soi, les relations avec les autres, l’amour, la vie de couple, la sexualité, l’éducation des enfants, l’épanouissement personnel et la réussite professionnelle, les épreuves de la vie.
Il aide aussi à faire face aux souffrances psychologiques comme l’anorexie, la drogue, le TOC ou la dépression. Il explique comment s’orienter, si besoin, vers une psychothérapie, et dans quels cas des médicaments peuvent être nécessaires.
• Un guide complet, personnel et familial pour s’épanouir et aider son entourage.
• Des outils pour communiquer, méditer, cultiver lucidité et recul sur ses pensées et ses émotions, modifier ses comportements.
• Des tests et des conseils concrets pour faire le point et agir.
Avec des chapitres de: C. Brunet, F. Chapelle, L. Chneiweiss, C. Cungi, H. Duchesne-Billiemaz, N. Duchesne, J.-L. Émery, F. Fanget, E. Granier, P. Graziani, S. Hahusseau, B. Koeltz, G. Lagrue, P. Lamy, G. Macqueron, F. Millet-Bartoli, C. Mirabel-Sarron, J.-L. Monestès, F. Nef, S. Orain-Pélissolo, A. Pélissolo, C. Penet, D. Pleux, P. Presles, N. Quintard, S. Roy, S. Royant-Parola, A. Sabouraud-Séguin, A. Sauteraud, D. Servant, J. Siaud-Facchin, Y. Simon, C. Solano, L. Vera.

(posté le 14 mars 2009)

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POLEMIQUE: "LA MALADIE DE LA MEDICALISATION"

A l’occasion d’une note de lecture de la traduction d’un ouvrage de Christopher Lane, Elisabeth Roudinesco dénonce dans Le Monde (lire ci-dessous) les classifications diagnostiques du DSM IV. Cet article a occasionné une réponse d'Antoine Pelissolo (lire ci-dessous), réponse à laquelle se sont associé deux associations de patients et plusieurs ‘grands’ noms de la TCC.

Notre proposition est de ne plus nourrir les polémiques partisanes. Cet article est une opportunité manquée car une discussion publique, critique et apaisée du DSM a toute sa place aujourd'hui. Nos catégories diagnostiques sont encore loin d’être des outils de la qualité des catégories diagnostiques des maladies somatiques. En médecine somatique, le diagnostic prescrit le traitement. En psychiatrie, c'est rarement le cas. En TCC, ce qui prescrit le traitement, ce n'est jamais le diagnostic, c’est l’analyse fonctionnelle - c'est à dire comment le problème du patient fonctionne pour lui (ou elle), dans sa réalité quotidienne. L'histoire, les conditions et la subjectivité propre de chaque individu sont pleinement prises en compte, ainsi que la réalité de la souffrance vécue.
Les catégories DSM actuelles représentent un progrès sur les anciennes et il serait vain de vouloir avancer vers le passé. Malgré leurs nombreuses limites, elles permettent - ainsi que le rapelle Antoine Pelissolo - de débattre à travers les frontières et les approches théoriques. De cela toute science a un besoin vital. Esperons que, malgré les difficultés, notre imparfaite science diagnostique continuera à avancer en direction de mieux coller au vécu de la souffrance et surtout de mieux identifier les conditions, moyens et rythmes de son dépassement. Nous pensons cependant qu’en l’absence de lien syndrome-traitement, l’inflation du nombre de catégories diagnostiques qui semble menacer la prochaine mise à jour du DSM (DSM V), n'est pas d'une évidente utilité. Une telle inflation pourrait en venir à détourner les cliniciens - et plus grave encore les apprentis thérapeutes - vers des arguties classificatoires sans conséquences sur les traitements, au risque de les déconnecter de la souffrance des patients.
Il existe des critiques constructives et progressistes du système du DSM. Parmi les plus intéressantes, Kelly Wilson, a proposé une telle critique depuis la perspective des TCC de troisième vague (en l'occurence Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) et du comportementalisme profond. Kelly Wilson propose un système dimensionnel - plutôt que catégoriel - basé sur 6 grandes dimensions de l'expérience vécue, et qui peuvent occasionner tant la souffrance que permettre de la dépasser. (Téléchargez la présentation sur le DSM V de Kelly Wilson aux journées d’automne de l’Afforthecc d’Octobre 2008).
Notre espoir est de voir s'éteindre au plus tôt les polémiques violentes afin de créer un espace au sein duquel un débat fertile puisse s'établir. Cela existe dans toutes les communautés psychologiques scientifiques du monde et nous oeuvrerons à ce qu'une telle confraternité puisse s'établir en France. Notre souhait est que toutes les perspectives puissent se confronter en dépassant nos querelles de chapelles. Pour qu'enfin les ressources qu'il nous a fallu mobiliser dans la "guerre des psys" puissent être mises au service du progrès dans notre compréhension - et surtout nos méthodes de réduction - de la souffrance humaine. B. Schoendorff (opinion)

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LA MALADIE DE LA MEDICALISATION (Elisabeth Roudinesco)

Au moment où les psychiatres français s’insurgent contre une politique d’Etat qu’ils jugent contraire à leur éthique, voilà que le modèle cognitivo-comportemental qu’ils contestent et qu’ils regardent comme “américain” est violemment critiqué aux Etats-Unis comme inefficace, grotesque et quasiment fasciste. De l’autre côté de l’Atlantique, cette mise en cause ne vient pas des psychiatres, trop soumis au diktat des laboratoires pharmaceutiques, mais des historiens et des écrivains.
En témoigne le livre de Christopher Lane, qui a été un best-seller en 2007. Prenant l’exemple de la timidité, qui n’est en rien une maladie mais une émotion ordinaire, l’auteur, spécialiste de l’époque victorienne et des cultural studies, dénonce la manière dont le fameux DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) - élaboré par l’American Psychiatric Association (APA), puis adopté dans le monde entier à travers l’Organisation mondiale de la santé (OMS) - a permis, en une trentaine d’années, de transformer en maladies mentales nos émotions les plus banales, pour le plus grand bonheur d’une industrie pharmaceutique soucieuse de rentabiliser des molécules inutiles : contre la crainte de perdre son travail par temps de crise économique, contre l’angoisse de mourir quand on est atteint d’une maladie mortelle, contre la peur de traverser une autoroute à un endroit dangereux, contre le désir de bien manger parfois avec excès, contre le fait de boire un verre de vin par jour ou d’avoir une vie sexuelle ardente, etc.
Grâce au DSM, nous sommes donc invités à nous considérer comme des malades mentaux, dangereux pour les autres et pour nous-mêmes. Telle est la volonté hygiéniste et sécuritaire de cette grande bible de la psychiatrie moderne.
Ayant eu accès pour la première fois aux archives de l’APA, Lane y a découvert des informations étonnantes sur les différentes révisions de ce “Manuel du Père Ubu”, censé définir l’homme nouveau du début du XXIe siècle. Entre 1952 et 1968, les deux premiers DSM étaient axés sur les catégories de la psychanalyse, c’est-à-dire sur une nomenclature des affections psychiques qui correspondait à l’étude de la subjectivité consciente et inconsciente: on y distinguait des normes et des pathologies, des névroses, des psychoses, des dépressions, etc.
Mais, à partir des années 1970, sous la pression des laboratoires et des départements de neurosciences, soucieux de réintégrer la psychiatrie dans la neurologie et de créer une vaste science du cerveau où seraient mélangées des maladies dégénératives et des névroses légères, cette approche dite “dynamique”, fondée sur des psychothérapies par la parole, fut contestée sur sa droite pour son absence de scientificité biologique et sur sa gauche pour son incapacité à penser l’évolution des moeurs.
Ainsi, en 1973, comme le rappelle Lane, les homosexuels, groupés en associations, exigèrent de ne plus figurer dans le DSM au titre de malades mentaux: ils furent donc déclassifiés à la suite d’un vote. Mais cette décision n’avait rien de scientifique, même si elle était justifiée, puisque l’homosexualité n’est pas une maladie mentale.
En conséquence, il fallut procéder à une nouvelle révision du DSM, d’autant que d’autres catégories de citoyens réclamaient, au contraire des homosexuels, d’être pris en compte dans le Manuel : les traumatisés de guerre notamment, désireux d’être indemnisés sans se soucier de savoir si leur problème relevait ou non d’une maladie mentale. On inventa donc, pour les satisfaire, le “syndrome post-Vietnam”, qui fut dûment catalogué comme maladie mentale dans le DSM.
C’est alors que, en 1974, le psychiatre Robert Spitzer, enseignant à l’université Columbia, admirateur de la “bio-énergie” façon Wilhelm Reich, fut pressenti pour diriger la troisième révision du Manuel. Convaincu d’être le prophète d’une révolution neuronale de l’âme, il s’entoura de quatorze comités, composés chacun d’une multitude d’experts. Il effectua alors un retour spectaculaire vers le XIXe siècle, réintroduisant dans le Manuel la classification d’Emil Kraepelin (1856-1926), psychiatre allemand contemporain de Freud, ce qui lui permit de rétablir une analogie pourtant largement dépassée entre troubles mentaux et maladies organiques.
Entre 1980 (DSM-III) et 1987 (DSM-III-révisé), la folle équipe de Spitzer procéda à “un balayage athéorique” du phénomène psychique, substituant à la terminologie de Kraepelin celle des psychologues du conditionnement. Les concepts classiques de la psychiatrie furent alors bannis au profit de la seule notion de trouble (disorder), qui permit de faire entrer dans le Manuel 292 maladies imaginaires.
Dans le DSM-IV, publié en 1994, on en comptabilisait 350 et, pour le futur DSM-V, de nouveaux syndromes (rebaptisés “addictions”) seront ajoutés, tels que l’activité sexuelle libertine, l’apathie, l’amour de la gastronomie ou encore le plaisir de se promener pendant des heures sur Internet : “J’ai honte pour la psychiatrie, dira le psychiatre de renom Robert Waugh. S’il vous plaît, il y a assez de choses ridicules dans la psychiatrie pour ne pas offrir des motifs de moqueries supplémentaires.” Ce Manuel, dira un autre, est “un nouveau suspensoir de l’empereur”.
Après avoir lu ce récit, on se demande qui pourra faire barrage un jour à l’expansion de ces thèses aberrantes, comparables à celles du Docteur Knock, et qui ont pour objectif de faire entrer l’existence ordinaire des hommes dans des tableaux sombrement pathologiques, au prix d’oublier que les fous peuvent être vraiment fous.
Pour l’heure, rien ne permet de dire que la démonstration argumentée et convaincante de Christopher Lane puisse être entendue par les psychiatres soumis aux molécules, et qui continuent de croire aux vertus classificatoires de cet étrange Manuel. Elisabeth Roudinesco

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NON, L'ANGOISSE ET LES PHOBIES NE SONT PAS DES EMOTIONS 'BANALES' (Antoine Pelissolo)

A l’occasion de la sortie d’un livre (Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions), Elisabeth Roudinesco dénonce, dans un article du Monde des Livres daté du 6 mars 2009, toutes les tares des classifications qu’utilisent les psychiatres du monde entier : approches honteusement neurologiques, pharmacologiques, comportementales, grotesques, dictatoriales et, allons- y, « quasiment fasciste ». Les patients démunis seraient livrés en pâture à une psychiatrie déshonorée et stupide, ayant comme seules références le Manuel du père Ubu et les recettes du Docteur Knock.
Heureusement, ce tableau bien sombre ne reflète pas la réalité que nous partageons, psychiatres et patients. A quoi servent les classifications ? La dénonciation d’E. Roudinesco porte sur le fameux DSM (manuel diagnostique et statistique de l’Association des psychiatres américains), mais l’Organisation Mondiale de la Santé adopte depuis longtemps le même type d’approche. Avant cela, les maladies mentales étaient réparties en trois ou quatre grandes catégories, aux contours relativement flous. En 1972, des psychiatres britanniques et américains ont ainsi mené une enquête dans leurs pays respectifs pour connaître la fréquence de la dépression. Surprise : cinq fois plus de dépressions à Londres qu’à New-York. Et cela se retrouvait pour la plupart des affections, parce que les évaluations reposaient sur des observations subjectives et que l’absence de définition claire des concepts engendre forcément des discordances.
Les classifications permettent aux spécialistes de cultures et de pratiques différentes de parler un langage commun, ce qui n’altère en rien la relation singulière entre un thérapeute et son patient. Les psychiatres ont un devoir éthique absolu d’information et de rigueur envers ceux qui leur demandent des soins : quelle est ma maladie ? comment posez-vous votre diagnostic ? que sait-on sur cette pathologie ? Quel traitement me proposez-vous et pourquoi ? Les réponses exigent un cadre sur lequel se greffent l’art et l’expérience du clinicien.
Il n’existe pas de classification « naturelle » des maladies mentales, comme celles des éléments chimiques ou physiques ; les entités et leurs limites ne peuvent être définis que sur la base d’un consensus entre experts. C’est ainsi que le DSM a été initialement bâti, et qu’il a évolué. Rien n’est définitif et, pragmatiquement, des corrections et innovations sont apportées sur la base des observations de terrain, dans le monde entier, en France comme ailleurs.
Certes, cette démarche n’est pas exempte de limites voire de dérives. L’approche officiellement privilégiée reste athéorique, c’est-à-dire ne favorisant aucun modèle explicatif des troubles mentaux. Les experts impliqués peuvent avoir bien sûr leurs convictions, et il est vrai que les tendances cognitivo- comportementales et biologiques sont aujourd’hui plus influentes que d’autres dans les choix établis, du fait des données scientifiques objectives sur lesquelles elles s’appuient. S’il peut y avoir des intérêts mercantiles dissimulés derrière certaines propositions, elles concernent toutes les écoles, et pas moins la psychanalyse que les autres.
Cependant, les erreurs les plus graves d’ E. Roudinesco et de C. Lane, concernent de prétendues « maladies imaginaires ». Ils semblent considérer les névroses comme des modalités normales d’être au monde, nécessitant des années de psychothérapie, mais pas le statut de maladie à part entière.
Or les phobies sociales, l’agoraphobie ou les troubles obsessionnels-compulsifs constituent pour des centaines de milliers de Français une source de souffrance et de handicap quotidien, avec des risques dépressifs, suicidaires et alcooliques bien établis malheureusement. La phobie sociale, crainte obsédante et paralysante du jugement d’autrui, qui conduit à des évitements relationnels douloureux durant parfois toute la vie, n’a rien à voir avec une simple timidité. L’agoraphobie n’est pas « la peur de traverser l’autoroute à un endroit dangereux » comme semble le penser Madame Roudinesco, mais l’envahissement continuel de la pensée par la peur d’être submergée par une crise d’angoisse, au point de ne plus fréquenter les lieux publics, voire de ne plus sortir de chez soi pendant parfois plusieurs années.
Ces amalgames simplistes témoignent d’une pensée dogmatique mais aussi d’une méconnaissance étonnante de la nature même des pathologies dont souffrent les patients et que soignent les professionnels de la psychiatrie.
Antoine Pelissolo est Psychiatre, Praticien Hospitalier au CHU de la Pitié-Salpêtrière à Paris)
Ce sont, à ce jour, associés à ce texte: Frédéric Chapelle, Christophe André, Patrick Légeron, Franck Baylé, Jean Cottraux, David Servan-Schreiber et Médiagora Paris et l'Aftoc. (Info communiquée par Annie Gruyer, Mediagora Paris)

(posté le 14 mars 2009)

UN NOUVEL AMENDEMENT A LA LOI ENCADRANT L'USAGE ET LE TITRE DE PSYCHOTHERAPEUTE

Un amendement attendu depuis longtemps et qui va enfin clarifier la situation et peut-être mener à un règlement de la question du statut de psychothérapeute - et à une meilleure harmonisation de la situation française avec nos partenaires européens.
L’objectif le plus important, c’est de permettre une meilleure protection des personnes en demande de psychothérapie. Un tel objectif ne peut s’atteindre entièrement à coup de règlementation. Ceux d’entre nous qui ont une double expérience de clinique et de formation de cliniciens font régulièrement l’expérience qu’en matière de psychothérapie, il n’y a pas lien de cause à effet entre formation théorique et expertise clinique.
De ce point de vue, de telles lois et règlementations, qui protègent le public du grand n’importe quoi, ne sont que des lois a minima. L’essentiel des progrès seront réalisés par l’implication des thérapeutes dans une démarche d’entrainement et de validation de leur pratique.
Ces questions vont au delà des divergences d’approche théorique. Notre souhait est que de plus en plus les psychothérapeutes travaillent en réseau, aient une pratique régulière de la supervision - quand un ou plusieurs thérapeutes vont présenter leurs cas difficiles à un ou une expert(e) - et de l’intervision - groupes de pairs où l’on discute de nos cas cliniques. En augmentant l’accès à un retour de plus en plus régulier et systématique sur notre pratique clinique, nous pourrons développer notre expertise. Tout cela au service, non pas de telle ou telle couleur politique ou école théorique, mais, toujours, au service de la réalité vécue du patient et de la réduction de sa souffrance morale. B. Schoendorff (opinion)

APRÈS L'ARTICLE 22, insérer l'article suivant :
Les troisième et quatrième alinéas de l'article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique sont remplacés par quatre alinéas ainsi rédigés :
« Un décret en Conseil d'État précise les modalités d'application du présent article et les conditions de formation théorique et pratique en psychopathologie clinique que doivent remplir
l’ensemble des professionnels souhaitant s’inscrire au registre national des psychothérapeutes. Il définit les conditions dans lesquelles les ministères chargés de la santé et de l’enseignement supérieur agréent les établissements autorisés à délivrer cette formation.
« L’accès à cette formation est réservé aux titulaires d'un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France ou d’un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse.
« Le décret en Conseil d’État définit les conditions dans lesquelles les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations peuvent bénéficier d’une dispense totale ou partielle pour la formation en psychopathologie clinique.
« Le décret en Conseil d’État précise également les dispositions transitoires dont pourront bénéficier les professionnels justifiant d’au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie à la date de publication du décret. ».

EXPOSÉ SOMMAIRE
Compte tenu de la sensibilité des troubles qu’ils cherchent à améliorer, qui touchent à l’intimité psychique et relationnelle de l’individu souvent en situation de grande vulnérabilité, les psychothérapeutes doivent disposer d’un haut niveau de connaissance et de compétence pour prendre en charge de façon adaptée les personnes qui ont recours à eux.
C’est pourquoi il est apparu indispensable que toutes les personnes qui utilisent le titre de psychothérapeute aient suivi au cours de leur cursus, une formation théorique et clinique de psychopathologie clinique. Les concepts et approches qui seront développées dans cette formation exigent, pour leur bonne compréhension, un niveau élevé universitaire de type Master 2 de psychologie ou de psychanalyse ou Doctorat de médecine.
Les professionnels qui, dans leur cursus de formation initiale, auront déjà suivi tout ou partie des modules développés dans cette formation pourront bien sûr bénéficier de dispenses totales ou partielles.
Une formation n’est de qualité que lorsque l’établissement dans lequel elle est délivrée est, lui-même, de qualité, c’est pourquoi il est nécessaire d’agréer ces établissements.
Il est en outre nécessaire de prévoir des dispositions permettant de tenir compte de la situation particulière des professionnels déjà installés depuis plusieurs années.

(posté le 13 mars 2009)

LOI ENCADRANT L'USAGE ET LE TITRE DE PSYCHOTHERAPEUTE

Communiqué du Syndicat National des Psychologues

L'Assemblée Nationale vient d'adopter, sur proposition du gouvernement et avec le soutien de députés PS, Radicaux et UMP, un amendement modifiant l'article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004, instaurant et encadrant l'usage du titre de psychothérapeute.
Le Syndicat national des psychologues, premier syndicat des psychologues en France, voit ici aboutir une des exigences portées par la profession, celle d’un Master en Psychologie ou Doctorat de médecine comme préalables à la formation en psychopathologie clinique requise pour faire usage du titre de psychothérapeute.
Si cet amendement est confirmé par le Sénat puis mis en application par décret, il constituera une mesure de protection pour les usagers.
Le SNP rappelle toutefois que cette mesure ne peut en aucun cas être suivie de l’instauration d’un nouveau métier dans le champ de la santé. Il attend donc que les engagements pris dans ce sens par madame la Ministre de la santé et par son cabinet soient respectés.
En effet, qu’ils soient salariés du privé, agents de l'État ou en exercice libéral, ce sont les psychologues qui, avec un haut niveau de formation initiale et continue, effectuent depuis des décennies la majorité des prises en charge psychothérapeutiques, et ce, à la grande satisfaction des équipes soignantes et des usagers.
Des questions concernant la définition des contours de l’exercice professionnel des reconnaissance psychologues, ainsi que la et la valorisation de leur activité sont à discuter avec les Pouvoirs publics.
Le SNP demande à participer à tous les groupes de travail qui vont être ouverts sur ces questions, ainsi que sur le projet de réforme de la psychiatrie et de la santé mentale, en rappelant qu’il s’est prononcé démocratiquement en 2006 en faveur de la création d’un ordre professionnel encadrant l’activité des psychologues tous secteurs d’intervention réunis.

site : www.psychologues.org

e-mail : snp@psychologues.org

(posté le 13 mars 2009)

CONGRES INSIGHT (INTROVISION) 25-26 JUIN 2009, POITIERS

Insight et Prise de Décision dans les Troubles Psychiatriques et Neurologiques

Sous la présidence des professeurs JL Senon, JP Olié & R Gil.

Un congrès sur l'insight et la prise de décision et les comportements violents.

Cliquez pour télécharger le programme

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(posté le 13 mars 2009)

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LES ETATS D'AME - UN APPRENTISSAGE DE LA SERENITE

Nouvel ouvrage de Christophe André

Odile Jacob

Chers Amis,

à l'occasion de la sortie de mon dernier livre, je suis heureux de vous inviter, si vous en avez le temps, à visiter mon site et mon blog (et à me tenir au courant de ce qui peut y être corrigé !)

bien à vous.

Christophe André

Visitez le site de site de Christophe André: http://christopheandre.com/

Vsitez et abonnez-vous au blog de Christophe André : http://psychoactif.blogspot.com/


(posté le 10 mars 2009)

LES NEUROLEPTIQUES IMPLIQUES DANS L'ATROPHIE PREFRONTALE?

Nancy C Andreassen, grande neuroscientifique de l'imagerie fonctionnelle de la schizophrénie s'interroge

Une interview choc de Claudia Dreyfus dans le New York Times (login obligatoire gratuit) avec la neuroscientifique Nancy C. Andreasen, une des pionnières de l'imagerie à résonance magnétique et qui cherche à répondre à la question: en quoi la physiologie cérébrale des personnes vivant avec une maladie mentale est-elle différente de celle des personnes normales?

Dans cette interview, publiée le 16 septembre 2008, Nancy C. Andreasen s’interroge sur une possible atrophie cérébrale qui serait causée par l’usage des neuroleptiques.
Extraits: « Je n'ai pas encore publié cela, mais je l'ai présenté dans plusieurs congrès. Ce que nous avons trouvé de plus frappant c’est que les personnes qui vivent avec la schizophrénie perdent du tissu cérébral à une vitesse plus rapide que les personnes saines d’âge comparable. Certains perdent jusqu’à 1% par and. Sur une période de 18 ans, ça fait vraiment beaucoup. Et donc nous essayons de trouver pourquoi. Et une autre chose que nous avons découvert c’est que le plus de drogues antipsychotiques ont vous a donné, le plus de tissu cérébral vous perdez…
Que font ces drogues exactement ? Elles bloquent l’activité des ganglions de la base. Le cortex préfrontal ne reçoit plus les activations dont il a besoin et se retrouve court-circuité par les drogues. Cela réduit les symptômes psychotiques. Ça cause également une atrophie progressive du cortex préfrontal. » (Traduction et adaptation B. Schoendorff)

(posté le 6 mars 2009)

LE JOURNAL DE BORD D'UNE TCC

Une internaute raconte sur son blog sa TCC de la phobie sociale

Un témoignage intéressant à la fois pour le public et - surtout - pour les thérapeutes et les étudiant(e)s. A ce jour, ce blog couvre déjà 20 séances. Chaudement recommandé car en tant que thérapeutes, nous avons raremenr accès à des feedback si précis sur notre pratique, et le feedback est la clé de l'expertise. (B. Schoendorff)

(posté le 6 mars 2009)

LA THERAPIE SYSTEMIQUE POUR LES RMISTES?

à Paris, des RMIstes sont pris en charge, avec le soutien du département, par une association leur proposant des thérapies systémiques. Le Réseau Solidaire d'Allocataires s'inquiète.

Un témoignange du Réseau Solidaire d'allocataires

(posté le 5 mars 2009)

NOUVELLE ETUDE RANDOMISEE ACT dans la prise en charge de la douleur idiopathique de l'adolescent

Une étude randomisée ACT vs pharmacothérapie et TCC classiquea été conduite par Rickard Wicksell en Suède et publiée dans la grande revue Pain (Vol.141, 3) où elle a les honneurs d'un éditorial annonçant que l'ACT constitue une véritable avancée dans la prise en charge de la douleur chronique.

L'évènement a reçu un retentissement jusque dans les pages du grand magazine américain Time. Cette étude, qui suggère une plus grande efficacité et éfficience de l'ACT, est d'autant plus intéressante que les 16 enfants dans la condition ACT ont reçu en moyenne 10 séances de thérapie d'une heure contre 23 pour les 16 dans la condition TCC et pharmacothérpaie (amitriptyline). Une indication de plus que l'ACT (et peut-être plus généralement les stratégies d'acceptation) peut se montrer une méthode efficace dans la prise en charge des cas les plus difficiles. B. Schoendorff
Pour commenter, rendez-vous sur mon blog (BS)

(posté le 5 mars 2009)

HISTOIRE ET FONDEMENTS DES PSYCHOTHERAPIES

Séminaire de l’École Doctorale « Cognition, comportement, conduites humaines » (ED 261) de l’Institut de Psychologie-Université Paris-Descartes

Série de séminaires dirigés par Bernard Granger et Martine Gros.

Extrait de l'introduction:
Les traitements psychologiques sont aujourd’hui très variés et leurs débuts dans la psychiatrie moderne remontent au traitement moral prôné par Pinel au début du 19ème siècle. Avec l’hypnose et la psychanalyse, ils ont connu un grand essor à la fin du 19ème siècle. Plus récemment, les thérapies systémiques et cognitivo-comportementales se sont développées à côté de nombreuses autres formes de psychothérapies plus marginales.

prochains séminaires:
* 9 mars 2009 Méthodologies d’évaluation des psychothérapies : peut-on utiliser les paradigmes issus du monde de l’évaluation du médicament ?, Bruno Falissard
* 23 mars 2009 Approche des thérapies familiales en psychiatrie : évolution des théories et pratiques, des années 1950 à aujourd’hui, Anne Almosnino
* 25 mars 2009 La création de la psychanalyse et ses développements aux Etats-Unis dans la première moitié du 20ème siècle, George Makari (la séance se tiendra exceptionnellement de 9h30 à 11h30, IHPST, 13 rue du Four (2e étage) 75006 Paris)

(posté le 5 mars 2009)

38ème CONGRES DE l'EUROPEAN ASSOCIATION OF BEHAVIORAL and COGNITIVE THERAPIES

10-13 Septembre 2008, Helsinki, Finlande

Au cours des congres annuels de l’EABCT se retrouvent des spécialistes internationaux tels que Paul Salkovskis (trouble obsessionnel compulsif ou hypocondrie), Aidan Wells (métacognitions) ou internationaux Jeffrey Young (schémas précoces inadaptés), Thomas Borkovec (prise en charge du trouble de l’anxiété généralisée) par exemple. Des symposia et ateliers permettent une remise à jour des connaissances dans chacun des domaines de la thérapie cognitive et comportementale.

Trois présentations ont retenu mon attention :

Le traitement des phobies spécifiques de Lars Goran Ost
Il propose le traitement des phobies spécifiques en une séance de 1 à 3 heures seulement. La thérapie cognitive et comportementale est basée sur l’analyse et le traitement des croyances catastrophiques en lien avec la confrontation de l’objet phobogène. L’exposition est réalisée au titre d’une tache comportementale pour asseoir le travail cognitif. Dans la phobie des animaux, le modèle peut être également utilisé. Plusieurs études contrôlées ont montré l’efficacité de ce programme de traitement notamment deux études chez les enfants. La prise en charge classique avec désensibilisation systématique est donc fortement remise en question en termes d’efficacité et de coût pour le patient.

Le traitement des enfants (3- 8 ans) présentant un TOC par Calamari JE, Rector NA et Cassiday KL
Il existe peu de données concernant la prise en charge des troubles anxieux chez l’enfant et l’adolescent notamment en francophonie. Les critères diagnostiques du DSM IV ne retiennent qu’un trouble spécifique à l’enfant, le trouble d’anxiété de séparation. Les autres troubles anxieux sont décrits à partir de l’adulte ce qui ne facilite pas leur reconnaissance chez l’enfant. Or des données épidémiologiques établissent que la prévalence du trouble obsessionnel compulsif de l’enfant est équivalente à celle de l’adulte (2,5 %). Dans une famille d’un enfant TOC, il faut en priorité « manager » les autres frères et sœurs et les parents. Le traitement de la famille est important, les troubles les plus fréquents pour les parents étant la déprivation de sommeil.
Les objectifs du traitement sont d’entraîner les parents à être des co-thérapeutes, avoir des priorités, enseigner un style de vie en exposition et éliminer la surprotection de l’enfant.

Smucker MR : Imagery Rescripting and Reprocessing Therapy (IRRT)
Ce type de traitement a été particulièrement décrit dans l’état de stress post traumatique (ESPT). Il consiste en une TCC où le traitement de l’information traumatique est réalisé par le biais de l’image. Chaque séance comprend trois phases : 1) activation visuelle et reviviscence de l’imagerie traumatique ; 2) transformation de l’imagerie liée au trauma en une imagerie où l’individu fait face ; 3) facilitation de l’auto régulation émotionnelle à partir d’images ou de techniques calmantes.
Cette technique a été reprise dans d’autres pathologies, notamment dans le trouble de la personnalité borderline. Quelques études ont montré son efficacité par rapport à une TCC classique dans l’ESPT. Il ressort que si l’émotion « peur » est très présente, il est recommandé de faire une exposition classique et que si d’autres émotions sont présentes (colère, honte par exemple) il vaut mieux mettre en place la thérapie RRT et l’imagerie socratique. L’imagerie socratique est décrite comme une application du modèle cognitif de Beck aux images traumatiques. (Martine Bouvard)

(posté le 22 février 2009)

photo A. Gruyer 2009 (D.R.)

DYNAMISER ET APPROFONDIR VOS RELATIONS THERAPEUTIQUES AVEC LA THERAPIE D'ACCEPTATION ET D'ENGAGEMENT - ACT

Atelier animé par Benjamin Schoendorff, Jana Grand, Benjamin Putois & Claude Penet Lyon du 14 mai au 16 mai 2009

La Thérapie d’Acceptation et d’Engagement est une nouvelle forme de TCC qui utilise la promotion de la pleine conscience (mindfulness) pour aider vos patients à retrouver la possibilité de pouvoir choisir avancer vers leurs directions de vie.

Basée sur des médiateurs thérapeutiques validés, l’ACT permet de transformer profondément vos relations thérapeutiques et d’ainsi permettre aux patients même les plus coincés de devenir acteurs engagés de leur progrès.

Cet atelier de trois jours abordera :
• Principes théoriques, statut expérimental et empiriques, et indications de l’ACT.
• Comment mettre en place une thérapie ACT. Remise d’un protocole de prise en charge individuelle comprenant fiches de travail et échelles de mesure.
• Promouvoir et reconnaître ‘l’espace’ particulier qui permet de mettre en mouvement vos patients (avec initiation aux principes de la Thérapie Fonctionnelle Analytique - FAP)
• Comment contacter pour soi-même l’espace thérapeutique (exercices expérientiels)
• Identifier en temps réels les comportements cliniques importants, tant chez le patient que chez le thérapeute au moyen du ‘Jeu de l’ACT’
• Etude et discussion de cas cliniques (Supervision, jeux de rôles)

Cet atelier est ouvert à touts les thérapeutes qui cherchent à approfondir leur pratique et l’efficacité des méthodes qu’ils emploient aujourd’hui. L’ACT peut se combiner avec votre pratique actuelle et avoir un impact profond sur votre efficacité clinique, en particulier dans les cas difficiles et résistants.
Cet atelier contiendra des exercices expérientiels visant à vous permettre de faire l’expérience directe des processus que l’ACT met en mouvement chez les patients. Ces exercices vous inviteront à prendre certains risques émotionnels et peuvent évoquer de puissantes réactions. En aucun cas vous ne serez obligé de faire ces exercices. Et pourrez choisir soit de les observer, soit de quitter la pièce.

Niveau : débutant et intermédiaire

Objectifs d’apprentissage :
- saisir l’intérêt de promouvoir l’acceptation
- savoir contacter et promouvoir l’espace thérapeutique permettant aux patients d’avancer en se reconnectant avec leurs valeurs et directions de vie
- pouvoir identifier en temps réel les comportements cliniques significatifs
- pouvoir utiliser souplement et avec créativité les instruments et exercices présentés

Public : Toute personne ayant une pratique psychothérapeutique : psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, infirmières, diététiciennes, étudiants en psychologie clinique, TCC et autres modalités.

Coût total : Thérapeutes installés : €350 ; membres afforthecc/AFTCC €310; étudiants €200. Cet atelier se tiendra à Lyon.

Téléchargez le bulletin d'inscription en cliquant ici

(posté le 22 février 2009)

LE TICKET PSY

Sur le modèle du Ticket-Restaurant, le Ticket-Psy vient d’être lancé

Fausse bonne idée ? La mise en place de "tickets psy" visant à soulager le mal-être ou la souffrance des salariés au travail fait polémique. Commercialisés par ASP Entreprises, une société de conseil spécialisée " dans le développement des conditions de qualité de vie au travail", des carnets de tickets sont distribués aux salariés par le médecin du travail, soit que ce dernier les leur propose, soit qu'ils en fassent la demande. Ces carnets leur donnent droit gratuitement à 5 ou 10 consultations chez un praticien sélectionné par ASP Entreprises. La démarche est couverte par le secret médical... (lire la suite)

Un article dans Le Monde du 19 Février 2009.

«Je peux vous payer en Ticket-psy ?» Après le Ticket-Restaurant, puis le Chèque-Vacances, voici le dernier-né des coupons destinés aux salariés : le Ticket-Psy, qui permet de s’offrir une séance de psychothérapie aux frais de son employeur.

Un article dans Libération du 21 Janvier 2009.

(posté le 22 février 2009)

cliquez pour accéder au programme

ACBS WORLD CONFERENCE III, 30 JUIN-3 JUILLET 2009, ENSCHEDE, HOLLANDE

L'ACBS, c'est l'Association for a Contextual Behavioral Science, l'Association Internationale ACT et RFT.

Ce Congrès Mondial (avec deux jours d’ateliers intensifs pré-congrès) représente une opportunité unique de s’informer et d’apprendre les dernières avancées en Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) et en Théorie du Cadrage Relationnel (Relational Frame Theory-RFT), ainsi que sur les autres approches de TCC dites de 3ème vague. Le programme scientifique de ce congrès couvrira la science comportementale contextuelle, ainsi que les questions philosophiques, scientifiques et cliniques et aplliquées en découlant. Pour les étudiants, cliniciens, chercheurs et responsables de santé publique, ce congrès représente une opportunité unique d’apprendre et de débattre avec les principaux promoteurs de l’ACT et de la RFT internationaux.

Le congrès proposera un flot de 7 évènements différents en parallèle sur 3 jours, près de 100 symposiums, débats, présentation de cas, d’études cliniques et de recherches fondamentales.

En plus de ce programme clinique et scientifique, de nombreux ateliers d’une demi-journée seront proposés par des chercheurs et des cliniciens leaders de l’ACT/RFT. Ces ateliers seront gratuits pour les participants au congrès et permettront aux cliniciens débutants et intermédiaires de développer leurs compétences tant en ACT/RFT.

Université de Twente, Enschede, Hollande

(posté le 18 février 2009)

LE MAGAZINE ACT EN LIGNE

Ce magazine varié présente l'ACT sous bien des aspects: cliniques, théoriques, ludiques. Le Numéro 11 est paru (janvier 2009).


cliquez sur l'image pour le programme

11ème CONGRES REALITE VIRTUELLE 22 AU 24 AVRIL 2009, LAVAL

La réalité virtuelle, on en parle un peu, beaucoup, passionnément!

Laval Virtual est le salon numéro 1 en Europe dédié aux technologies du virtuel.

Être partenaire, c’est donc s’assurer une visibilité dans une centaine de supports média et ainsi plus de 150 articles de presse (Le Monde, l’Usine Nouvelle, le Parisien…), d’une centaine d’articles sur le web, et d’une trentaine de sujets audiovisuels ( TF1, France 2 et 3, Europe 1, …).

Cliquez ici pour télécharger la présentation en pdf


EDITORIAL PSY EN MOUVEMENT

PsY en mouvement- Edito janvier 2009: Notre entrevue au Ministère sur l’Art. 52)

Cette réunion qui avait lieu à la demande de PsY en mouvement avait deux objectifs:

- s’informer de l’état d’avancement du Décret d’application de l’Article 52,

- remettre en question certains points cruciaux du projet de Décret, notamment les modalités de la « clause du grand-père » ainsi que la situation, à la sortie du décret d’application, des praticiens ayant moins de trois ans d’exercice.

Bruno Dal-Palu prend la parole et fait une rapide synthèse de ce qui s’est passé depuis l’Amendement Accoyer et son aboutissement dans la rédaction ambigüe de l’Article 52, en insistant sur le fait que le Ministère en est à sa huitième version pour son Décret d’Application. Il pose alors la question préalable de savoir si cette « loi sur le titre de psychothérapeute » va rester sans décret d’application, au vu de la complexité de la rédaction de ses Décrets et arrêté d’application ou si, dans le cadre de la loi qui va bientôt sortir concernant la politique santé mentale, un nouvel amendement est prévisible. Madame Aronica nous fait part de sa certitude concernant la sortie du Décret d’application de l’Article 52, car il est actuellement à la Commission sociale du Conseil d’état, sans toutefois préciser de date (dans le but selon ses propres paroles de « rester crédible »), car ce dernier est surchargé de travail, mais en précisant toutefois qu’il devrait sortir avant l’été.

Notre délégation aborde donc dans cette perspective le problème de la composition des commissions régionales qui vont statuer sur l’attribution du titre. Nous faisons part à Madame Aronica de notre souhait à savoir que les membres composant les commissions fassent obligatoirement partie d’une fédération de psychothérapeutes. Madame Aronica et Madame Barrois nous rétorquent que le fait d’appartenir à une fédération n’apporte pas de légitimité, étant donné que les fédérations sont constituées sous forme d’association loi 1901 et que toute personne physique a le droit de créer une association de ce type sans pour autant être contrainte au moindre contrôle. Nous proposons alors qu’à minima les membres desdites commissions, qui seront donc des membres de droit soient nécessairement des praticiens de la psychothérapie réellement en exercice. Cette demande semble recevoir une écoute de la part de nos interlocutrices. Madame Barrois nous précise par ailleurs à cet endroit, que les membres de droit devront de toute manière faire la preuve d’une formation spécifique en psychothérapie et au cas où celle-ci s’avérerait insuffisante, ils seront tenus à la compléter.

Nous revenons toutefois sur la question de la légitimité des membres de droit qui, s’ils ont une formation de psychothérapeute, devront faire la preuve qu’ils exercent régulièrement cette profession et que c’est dans ce sens que nous souhaiterions qu’ils soient choisis de préférence au sein des fédérations de psychothérapeute. Madame Aronica insiste sur le fait que la commission chargée de donner l’agrément pour le titre de psychothérapeute travaillera au cas par cas pour tous les professionnels déjà en exercice.

Nous abordons ensuite la situation des praticiens ayant moins de trois ans d’exercice au moment de la sortie du Décret d’application. Madame Aronica et Madame Barrois admettent que ce point n’a pas été approfondi et qu’en conséquence il nécessite d’être revu afin de trouver une solution adaptée à cette situation précise, et qu’il est probable qu’il fasse l’objet d’une proposition du Conseil d’état.

Nous aurions sans doute aimé entendre autre chose de plus rassurant pour les psychothérapeutes, mais la réalité s’impose à nous, avec cette fois une plus grande acuité que par le passé. Nous sommes sortis convaincus que le Décret est –comme ils disent- « dans les tuyaux, on y coupera pas… ». Ainsi, tous les psychothérapeutes qui voudront garder ce titre, et les autres psys qui voudront se l’approprier devront passer par les fourches caudines de cette loi. Notre fédération se prépare à faire en sorte que tous nos adhérents professionnels de la psychothérapie qui souhaiteraient bénéficier à l’avenir de ce titre d’état, puissent l’obtenir.

Notre Conseil d’administration se réunira ce 24 janvier pour définir la stratégie adéquate pour atteindre cet objectif prioritaire. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés. A bientôt donc. La bataille va prendre une autre envergure . A suivre….Bruno Dal-Palu. Président de PsY en mouvement.

Nous vous rendons compte de notre entrevue au Ministère de la santé ce vendredi 16 janvier 2009. Madame le Ministre était représentée par Madame Elvire ARONICA et Madame Julie BARROIS – Chargées du dossier psychothérapeute, la délégation de PsY en mouvement était composée de Bruno Dal-Palu – Psychologue/psychothérapeute– Président de la fédération. Alain Collery – Psychothérapeute – Secrétaire général, Jean-Michel Louka – Pychanalyste, Anne-Marie Depradeux – Médecin/Psychothérapeute et Michèle David – Psychothérapeute

(Posté le 18 janvier 2009)

ACTUALITES 2008...

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LA PSYCHOLOGIE POSITIVE

La Psychologie Positive, Un nouveau modèle pour la psychothérapie

Article de Jean Cottraux publié chez Springer

Cliquer ici pour télécharger l'article


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LE CONGRES DU IACP à ROME

Le congrès de l’association Internationale de Thérapie Cognitive (IACP) s’est tenu à Rome dans une Université Pontificale, Angelicum, située près du Forum de Trajan, du19 au 22 Juin 2008. Le congrès était riche de communications intéressantes et j’ai assisté avec plaisir aux présentations magistrales de Chris Fairburn et Jeffrey Young. Le site d’Angelicum, dont vous avez ci dessous une photo, était propice aux échanges informels. Un jeune homme, Francesco Aguilar, m’a offert son livre qui ouvre des perspectives nouvelles. Retenez ce titre si vous êtes intéressé à la psychologie sociale:

Francesco Aguilar et Mauro Gallicio: Psychological processes in international negotiations. Theoretical and practical perspectives, Editions Springer, 2008.

Avec un préface du regretté Albert Ellis

Ce livre propose une formation en quinze étapes pour devenir un bon négociateur. Une présentation m’a semblée particulièrement novatrice : celle de Paul Gilbert, je l’ai donc interviewé pour l’Afforthecc en lui posant trois questions ce qui a donné cette lettre à la France.

Jean Cottraux


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LETTRE A LA FRANCE (ENTRETIEN AVEC PAUL GILBERT)

Entretien réalisé et traduit par Jean Cottraux

JC (Jean Cottraux): Quelle est votre plus bel accomplissement?

PG (Paul Gilbert) Je ne sais si j’en ai un mais il y a de nombreuses choses qui me font plaisir dans ma vie universitaire et professionnelle. L’un d’entre elle est que j’ai été d’abord formé à l’économie et que j’ai du travailler très dur pour me former « de novo » à la psychologie. J’étais vraiment mauvais en neurophysiologie et en réalité ai échoué ce diplôme lors de ma première présentation (1974). De ce fait j’ai passé très longtemps à l’étudier et j’ai réussi l’examen la seconde fois. Ce fut bénéfique, cependant, puisque que cela m’a donné un intérêt réel et libéré ma confiance en mes capacités à la comprendre. Cela m’a convaincu de l’importance de comprendre le cerveau. J’ai obtenu mon doctorat de psychologie à l’Université d’Edimbourg et j’ai ensuite travaillé comme clinicien à Norwich. C’est là que j’ai écrit mon premier livre sur la dépression : « Depression from Psychology to Brain State » (1984), dans lequel j’ai esquissé comment les processus psychologiques et sociaux peuvent affecter de manière majeur la physiologie du cerveau.

Il m’a fallu six ans pour écrire « Human Nature and Suffering » (1989) qui présentait de nombreuses idées fondamentales sur la psychologie évolutionniste, les archétypes en relation avec la sante mentale qui m’ont guidé à travers les années. C’est là que j’ai présenté les grandes lignes d’une théorie de la mentalité sociale, selon laquelle nos esprits sont co construits par nos interactions. A la fin j’étais épuisé mais satisfait de ce travail. Finalement il fut acclamé, bien que difficile à lire. Le Dr Frazer Watts,

alors président de la Société Psychologique Britannique, m’a invité en 1992 à devenir un membre associé de cette société, du fait de la contribution qu’apportait ce livre, ce dont j’ai été particulièrement fier.

Je suis aussi content de ce qu’à partir de notre focalisation thérapeutique sur la honte et la critique de soi, je devins plus conscient de la difficulté pour de certaines personnes de développer une mansuétude et une compassion dirigée vers eux mêmes.

Pour beaucoup, se servir d’une approche logique et rationnelle de la santé mentale, les laissera plutôt émotionnellement indifférents. C’est pourquoi le système émotionnel qui donne un sentiment d’apaisement, de sécurité et de réassurance, tout simplement ne fonctionne pas chez ces personnes. Si ce système émotionnel est difficile d’accès, ils vont dire des choses comme : « Je comprends la logique des alternatives mais je ne ressens rien ».

De ce fait nous avons à leur apprendre la compassion, car cela ne vient pas naturellement chez eux. La thérapie centrée sur la compassion est devenue un centre d’intérêt partout dans le monde. Elle se construit sur de nombreuses autres thérapies et cherche à s’enraciner profondément et complètement dans les sciences de l’esprit et des systèmes cérébraux. Elle a aussi une affinité avec les idées Bouddhistes au sujet de l’esprit. Voir l’efflorescence de la thérapie centrée sur la compassion est quelque chose ! Et j’en suis très heureux. Mon nouveau livre : ‘The Compassionate Mind’ sortira au début de 2009 (cliquez sur image) Gilbert P : Compassion. Conceptualisation, research and use in psychotherapy, Routledge, New York, 2005.

JC : Quelles sont vos dernières recherches sur le système d’auto apaisement ?

PG :Il est très important de construire notre compréhension de la santé mentale et nos interventions sur le « comment » l’esprit traite véritablement l’information. Il y a de plus en plus de preuves que nous avons des types différents de systèmes pour réguler les émotions. Ils sont tout à fait complexes, mais il est possible d’une manière sommaire de discerner trois systèmes fondamentaux de régulation des émotions

1. Un système est lié à la détection et à la réponse aux menaces et associe des émotions défensives variées comme l’anxiété, la colère et le dégoût.

2. Un système d’affect positif clé est lié à l’instinct (drive), la motivation et la recherche de récompense. Si vous gagniez à la loterie vous auriez, sans doute, des difficultés à dormir et ressentiriez un état d’excitation à cause de ce qui est entré dans votre système instinctuel. Conservez bien à l’esprit que ce léger état d’hypomanie a été déclenché par un événement externe.

3. Mais le système d’affect positif auquel nous sommes intéressés est celui qui est sous jacent à un bien être tranquille et calme, aux sentiments de sécurité et à ceux

d’apaisement. La recherche récente suggère qu’il opère par l’intermédiaire des opiacés et du système de l’ocytocine. Les sentiments positifs qui découlent de ce système sont le calme, le sens du bien être, un état de paix et d’être en lien avec les

autres. C’est le système qui est stimulé dans la relation d’affection. Et lorsque nous nous sentons objet d’attentions et protégé nous nous sentons en sécurité et contents (ceci est à rapporter au système d’attachement décrit par John Bowlby). Il est stimulé quant un parent calme un enfant et apaise sa détresse. Ce qui agit comme un régulateur aussi bien pour le système instinctuel que le système de gestion de la menace. Au cours du temps un parent apaisant attelle (par des stimulations répétées) ce système au système de régulation aux émotions de l’enfant.

De ce fait notre recherche se focalise sur comment nous pouvons enseigner aux gens ces sentiments de bonté, de compassion, de gentillesse, de chaleur dans toutes les interventions dans lesquelles ils s’engagent. Le fait est que s’ils ne ressentent pas une intervention comme un soutien et comme faite de bonté, il y a de fortes chances qu’elle ne va pas réellement les aider. Nous avons maintenant développé des exercices variés et des procédures par lesquelles des interventions de TCC intègrent « le traitement par la compassion »....

Pour télécharger la suite de l'entretien en format pdf, cliquer ici

INTERVIEW AVEC KELLY WILSON (FONDATEUR DE L'ACT)

Kelly Wilson PhD est un des trois initiateurs, avec Steve Hayes et Kirk Strohsal de la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) et un des animateurs d’ateliers de formation à l’ACT les plus populaires. Il est renommé tant pour l’intensité de l’aspect expérientiel de ses ateliers que pour la clarté et la rigueur de ces exposés et analyses scientifiques et cliniques. Docteur Wilson est professeur de Psychologie à l’université du Mississipi, Oxford.

Benjamin Schoendorff (BS) : Docteur Wilson Bonjour. Pouvez-vous nous dire ce que la thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) apporte de plus que la TCC classique ?

Kelly Wilson (KW) : La TCC traditionnelle a fait des progrès incroyables dans les années 70 et 80 et a réellement révolutionné la psychothérapie. Pour beaucoup de gens souffrant d'anxiété, de dépression, d’autres troubles de psychoses même, la TCC a eu un impact considérable en termes de réduction de symptômes très difficiles. Ce dont elle s’est un peu moins préoccupée c'est d’une chose qui préoccupait les psychothérapeutes humanistes du début des années 60 comme Victor Frankl : la question du but et du sens de la vie. Bien sûr, en TCC on fixe des buts, mais peu de protocoles parlent de manière extensive des valeurs. Prenons par exemple les expositions qui sont très communes en TCC. L'exposition c'est très difficile émotionnellement à la fois pour le thérapeute et le client. A l'intérieur d'un modèle de l’ACT on utilise l’exposition de manière assez nouvelle et toujours dans le contexte des valeurs de vie plus larges du client. Dans un chapitre sur les valeurs que j'ai écrit il y a quelques années je cite le cas d’une femme qui souffrait d'agoraphobie et avec qui nous avons passé du temps à comprendre l’impact de l'agoraphobie sur sa vie - non pas seulement le fait qu'elle ne pouvait pas sortir - mais la manière dont ça l'empêchait d’être pleinement présente dans la vie de sa fille, par exemple d’assister aux concerts et aux cérémonies de remise de diplômes de sa fille. Et donc quand on faisait le travail d'exposition on s'arrêtait occasionnellement quand le travail était très difficile pour se reconnecter avec les choses vraiment importantes dans sa vie au service desquelles on faisait cette exposition. La recherche expérimentale de base sur le stress nous apprend que quand l’exposition à des stresseurs est faite dans un contexte de valeurs l’impact est très différent, au niveau physiologique même, que quand elle est faite dans un contexte d’habituation.

BS: Au service de ce qui est important pour le client, plutôt que dans la perspective de faire baisser les symptômes ?

KW: Oui mais on voit aussi des réductions de symptômes avec l’ACT ! Mais il est vrai que le but ça n'est pas de réduire les symptômes mais bien de faire avancer leur vie en direction de leurs valeurs. Cela dit, une personne souffrant de dépression et qui se met à agir en phase avec ses valeurs verra le plus souvent sa dépression se lever. Ça n’est pas le but, mais c’est très souvent un des résultats.

BS: On décrit l’ACT comme une thérapie expérientielle…

KW: Métaphoriquement c’est comme si je cherchais à vous apprendre à nager. Je pourrais vous décrire en détail ce que c’est que nager et comment on fait. Je pourrais même vous décrire le contact de l’eau sur la peau en fonction de la pression et de la vitesse. Vous apprendriez beaucoup de choses sur la natation. Mais si vous vouliez vraiment nager, on ne pourrait faire l'économie de vous mettre à l'eau. C'est seulement ainsi que vous pourriez vraiment ressentir ce que ça fait que nager et ce que cela fait de tourner la main dans l’eau de telle et telle manière. L’ACT porte une attention toute particulière à cela et on entraîne les clients a porter une attention toute particulière avec ce que cela fait de faire ces expériences.

BS: Donc ça fait partie des traitements basé sur la mindfulness. Est-ce une thérapie de la pleine conscience ?

KW: Oui tout à fait. Cependant l'ACT est différent de la thérapie basée sur la pleine conscience qui repose sur un entraînement formel à la méditation. Même si certains protocoles ACT plus récent contiennent un peu de cet entraînement, cela ne représente qu’un des multiples composants. Il y a un autre aspect de la mindfulness qui m'intéresse tout particulièrement : comment apporter cette attitude de présence attentive et ouverte de la mindfulness à l'interaction thérapeutique. Je suis en train de préparer un ouvrage sur cette question qui se va s'intituler « La mindfulness pour deux ». Que se passerait-il si l’on cultivait cette présence attentive et qu'on l’appliquait à l'échange qu'on a avec nos clients ? En quoi cela changerait la qualité de l'interaction qu'on a avec eux ? Donc il y a aussi ces éléments-là dans l’ACT.

BS: À quoi peut-on s'attendre en participant à un atelier de deux jours avec vous ?

KW: Le premier jour de l'atelier servira à orienter les participants vers le cœur d'un traitement ACT. En particulier je contrasterai l’ACT avec les modèles de TCC un peu plus traditionnels de manière à ce que vous puissiez voir comment se situe l’ACT en relation avec ces modèles. Ça sera la partie où je vous parlerai de la natation. On regardera aussi une vidéo car une chose est de parler d’un traitement, une autre de le voir en action. Et puis on se mettra à l'eau. J'ai un certain nombre d'exercices qui permettront aux gens de faire l’expérience de manière très directe des processus de changement qui nous le pensons sont très importants dans la thérapie d'Acceptation et d'Engagement. Le deuxième jour sera surtout composé d’exercices expérientiels. De manière à ce que les gens puissent voir directement si une telle approche peut leur apporter quelque chose et choisir ensuite s’ils souhaitent poursuivre.

BS: Très intéressant. Et quelle est l’importance personnelle de ce travail pour vous ?

KW: Pour moi c'est quelque chose qui vient du cœur. L'ACT est un modèle qui ne divise pas le monde entre ceux qui sont malades et ceux qui vont bien. Nous pensons que les processus qui font souffrir nos clients bien que différents en termes de magnitude, ne sont pas de nature différente. Ces mêmes processus nous font souffrir nous aussi. Mon intérêt personnel et mon engagement dans ce travail vient de me demander comment serait un monde où l’on pourrait se libérer de manière à pouvoir pleinement s’engager dans les actions qui sont vraiment importantes pour chacun d’entre nous. J’y pense en regardant mes clients, mes étudiants et aussi mes enfants. Et je pense que les technologies de l’ACT sont vraiment faites sur mesure pour pouvoir adresser ces questions absolument fondamentales à la fois pour nous-mêmes et pour ceux autour de nous et qui sont importants pour nous.

BS: Docteur Wilson merci beaucoup. Nous aurons grand plaisir à vous accueillir à Aix-les-Bains du 10 au 12 Octobre 2008.

KW :Merci à vous et à bientôt. Interview et Traduction Benjamin Schoendorff


LA RFCCC REFERENCEE DANS PsychINFO

Une excellente nouvelle, notre journal, la Revue Francophone de Clinique et Cognitive

est maintenant indexé dans PsycINFO.

Un grand merci à Pierre Philippot et à Martine Bouvard pour avoir porté la revue à ce niveau !!


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